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Marie-Claude Saliceti
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Infomigrants
Méditerranée centrale : ce qui attend les migrants à leur arrivée en Italie
#migrants #italie #Albanie
Article mis en ligne le 28 novembre 2023
dernière modification le 27 novembre 2023

Après une dangereuse traversée de la Méditerranée, et parfois des mois voire des années difficiles en Libye ou en Tunisie, c’est le début d’une nouvelle vie pour les migrants débarqués en Italie. Que se passe-t-il pour ces exilés ? InfoMigrants fait le point.

(...) Entre le 1er janvier et le 17 novembre, plus de 149 000 personnes ont débarqué dans le pays après avoir traversé la Méditerranée centrale. En provenance de la Libye ou de la Tunisie, secourus par les garde-côtes italiens, une ONG de sauvetage ou arrivés par eux-mêmes, tous entament leur nouvelle vie en Europe en débarquant sur le sol italien. Comment s’organise alors leur prise en charge ? Explications.
Première étape : l’identification

C’est la première étape pour tous les exilés. L’indentification peut se faire dès l’arrivée sur le quai de débarquement ou dans un centre d’enregistrement, appelé "hotspot". Lors de ce processus, les migrants sont pris en photo par la police, renseignent leurs noms, leur lieu de naissance, et leurs empreintes digitales sont relevées. (...)

Pour les demandeurs d’asile : le centre de réception (...)

D’après la fondation italienne Openpolis, un décret publié en 2023 a supprimé "les services d’assistance psychologique, les cours de langue italienne et les services d’orientation juridique et territoriale des centres de réception". Outre l’accueil matériel, "seuls restent donc actifs les soins de santé, l’assistance sociale et la médiation linguistique et culturelle". (...)

Une fois le document rempli, un récépissé est fourni par les autorités. Vous devenez alors officiellement un demandeur d’asile, et vous pouvez rester légalement sur le territoire italien. Vous serez ensuite convoqué pour un entretien avec un agent chargé de l’asile. Cette attente est très aléatoire : "Certains demandeurs attendent deux ou trois mois, d’autres un an", indique Sébastien Ponsford. (...)

Les centres de rétention fermés (CPR) répartis ailleurs dans le pays continuent, eux, de prendre en charge l’hébergement des exilés sous le coup d’une expulsion "pour irrégularités dans leur dossier", ou "dangerosité avérée". Dix établissements de ce type, répartis dans toute l’Italie, sont aujourd’hui fonctionnels. La durée maximale de rétention est de 135 jours, avant expulsion. (...)

Rappel : en Italie, le statut de réfugié et la protection subsidiaire sont valables cinq ans. Ils garantissent au bénéficiaire le droit de travailler, de toucher des allocations, d’obtenir des documents de voyage au sein de l’Union européenne et en dehors (pour une durée maximum de trois mois dans ce dernier cas). La protection humanitaire, réservée aux personnes qui nécessitent des soins médicaux lourds par exemple, est valable un an, renouvelable pour la même durée. (...)

Dès le printemps 2024, certains migrants secourus en mer par les garde-côtes italiens seront transférés immédiatement en Albanie pour y déposer leur demande d’asile. C’est ensuite ce pays qui aura la charge des exilés. Ce procédé a été rendu possible par un accord signé le 6 novembre à Rome, entre la Première ministre Giorgia Meloni et son homologue Edil Rama. L’Albanie, État non membre de l’Union européenne, disposera de deux centres pour prendre en charge les demandeurs d’asile arrivés sur les côtes italiennes.
Pour les personnes qui ne demandent pas l’asile

Si un exilé ne demande pas de protection, il peut être envoyé en centres de rétention, en vue d’une expulsion. Mais "en raison d’un manque de places" notamment, le passage par le centre de rétention n’est pas systématique (...)

Les exilés se retrouvent alors souvent sans solution. (...)

Sur les 600 personnes interrogées et arrivées dans le pays au cours des trois derniers mois, presque tous disent souffrir d’un manque d’accès au logement, à des informations fiables sur leur statut juridique et à de la nourriture. Plus de 100 d’entre elles (18%) affirment ne pas avoir d’endroit où dormir.

Les migrants sans-papiers en Italie ont tout de même le droit de consulter un médecin ou d’aller à l’hôpital.

Pour les migrants originaires de "pays sûrs"

Fin septembre, l’Italie s’est dotée d’un centre d’un nouveau genre. Situé à Pozzallo en Sicile, il accueillera uniquement les exilés provenant de "pays sûrs", qui ont donc très peu d’espoir d’obtenir une protection en Italie. Objectif affiché ? Accélérer le traitement des demandes d’asile et donc les expulsions de ces migrants, et désengorger le hotspot de Lampedusa, à 200 km de là. (...)

Rome considère comme "sûrs" la Tunisie, le Nigeria, l’Algérie, le Sénégal, le Maroc, la Côte d’Ivoire ou encore la Gambie. (...)

Les centres de rétention fermés (CPR) répartis ailleurs dans le pays continuent, eux, de prendre en charge l’hébergement des exilés sous le coup d’une expulsion "pour irrégularités dans leur dossier", ou "dangerosité avérée". Dix établissements de ce type, répartis dans toute l’Italie, sont aujourd’hui fonctionnels. La durée maximale de rétention est de 135 jours, avant expulsion.