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Agression, menaces et calomnies : les représailles de l’extrême droite après la mort de Quentin D.
#fascisme #antifascisme
Article mis en ligne le 21 février 2026
dernière modification le 20 février 2026

Depuis l’homicide du néofasciste Quentin Deranque, LFI et l’extrême gauche sont prises à partie. Des menaces et dégradations visent des militants antifascistes, des insoumis, mais aussi des syndicalistes. Ces représailles inquiètent.

(...) les dégradations de locaux, les menaces, ou encore le doxing – une pratique qui consiste à divulguer les données personnelles d’un individu sur Internet – se multiplient de la part de la mouvance d’extrême droite radicale. La violence est montée d’un cran dans la nuit du 17 février. À Toulouse, alors qu’un rassemblement organisé par l’extrême droite radicale avait été interdit par la préfecture, une quinzaine de militants néofascistes ont chargé les clients attablés à la terrasse d’un bar. Ces derniers avaient lancé des slogans antifascistes en les apercevant. Aussi, dans la matinée du 18 février, le siège parisien de la France insoumise a été évacué après une alerte à la bombe, à déclaré Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, sur X.

Ces actes violents ne sont pas une nouveauté : rien qu’à Lyon, le média indépendant Rue89 Lyon a recensé 102 attaques, agressions et actes haineux sur les 15 dernières années. Isabelle Sommier, professeure de sociologie à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et coordinatrice de l’ouvrage Violences politiques en France(Les Presses de Sciences Po, 2021) comptabilise six morts du fait d’activistes de droite radicale depuis 2022. Si l’enquête le confirme, Quentin Deranque serait le premier mort imputable à la gauche radicale sur cette même période. (...)

« Jeté en pâture sur les médias Bolloré »

Avant que les liens entre la Jeune Garde et la mort de Quentin Deranque ne soient confirmés, l’extrême droite lançait déjà une campagne contre « l’extrême gauche », très rapidement relayée par les médias du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré. (...)

Cette campagne médiatique a des effets très concrets. À Lyon, les représailles après la mort de Quentin Deranque s’affichent directement sur les murs, particulièrement dans le quartier de la Croix-Rousse, où se trouvent différents locaux d’organisations progressistes. Des appels au meurtre du député du groupe insoumis Raphaël Arnault ont été retrouvés sur les murs, note 20 minutes. (...)

Tags racistes ou anti-LGBT

Les locaux de la Plume noire, librairie associative de sensibilité communiste libertaire, déjà attaquée par une cinquantaine de militants d’extrême droite en mars 2021, a également été recouverte de croix celtiques – expression du suprémacisme blanc et symbole largement arboré par la galaxie néofasciste à laquelle appartenait Quentin Deranque.

Preuve, s’il en fallait, du racisme des auteurs des dégradations, la mosquée Koba, elle aussi située dans le quartier de la Croix-Rousse, a fait l’objet de tags. (...)

La haine se diffuse également hors de Lyon et ne cible pas uniquement les militants insoumis, syndicaux ou antifascistes, mais tous les ennemis désignés de l’extrême droite. Ainsi, le local de l’association LGBT Le Fil, à Maubeuge (Nord), a été visé par l’inscription « white boy » et par une croix celtique, le 16 février. Enfin, ce même symbole a été retrouvé lundi matin sur les murs de l’université de Tours, aux côtés de l’inscription « Quentin ». La direction de l’établissement a condamné des « tags racistes » dans un contexte tendu.

Menaces de viol ou de mort contre des députés LFI (...)

Ce 16 février, à Castres (Tarn), un ancien candidat du RN aux municipales de 2020 a été placé en garde à vue après avoir publié sur Facebook des vidéos où il menaçait de mort et de viol le député insoumis Raphaël Arnault et l’eurodéputée Rima Hassan, en représailles de la mort de Quentin Deranque.

Dans la nuit du 15 au 16 février, une candidate insoumise aux élections municipales aux Lilas (Seine-Saint-Denis) a vu son domicile personnel tagué de l’inscription « LFI tue ». Une plainte a été déposée, a annoncé la députée insoumise Aurélie Trouvé, sur X.

Plus largement, des locaux insoumis ont été visés. Le 17 février au matin, la communication de LFI comptabilisait cinq locaux de campagne dégradés à Metz, Castres, Bordeaux, Rouen et Tours ainsi que les permanences parlementaires des députés Aurélien Le Coq (Nord), Nathalie Oziol (Hérault), Anne Stambach-Terrenoir (Haute-Garonne) et son siège national. (...)

Dénonciations calomnieuses par la fachosphère sur les réseaux sociaux (...)

Lire aussi :

 (France24)
Villepin dénonce la "diabolisation" de LFI, la France a son "moment Charlie Kirk"

"C’est pour la France le +moment Charlie Kirk (...) C’est un moment qui vise à la délégitimation d’une partie du spectre politique et à la victimisation de l’extrême droite triomphante", écrit Dominique de Villepin dans un long post sur X en assurant ne pas parler au nom d’un camp mais "d’une certaine idée de la République".

Suite à l’assassinat du militant d’extrême droite Charlie Kirk par un homme se revendiquant de l’antifascisme, Donald Trump et ses partisans avaient tenté d’en rendre responsable l’opposition démocrate pour la disqualifier.

"L’enjeu, c’est celui d’une prise de pouvoir sur les esprits (...). Nous approchons d’un point de non-retour. Quelque chose commence à nous échapper", alerte l’ancien Premier ministre, probable candidat à la présidentielle, en commentant les retombées de la mort du militant identitaire Quentin Deranque.

Certes, Dominique de Villepin appelle LFI "à récuser toute complaisance pour la violence", critique la "radicalité" de sa "rhétorique" qui "finit par devenir une mécanique qui échappe à ceux qui prétendent la conduire" et "fait le jeu du RN".

Mais, selon lui, "la faute politique majeure" du centre-gauche comme de la droite est "de renvoyer dos à dos toutes les radicalités comme si elles étaient de même nature, de même force, de même danger" alors que "les groupuscules violents d’extrême droite sont beaucoup plus nombreux" et que le RN est donné large favori pour 2027. (...)