Les flux migratoires entre le Mexique et les États-Unis ont atteint des niveaux record en 2023, avec 10 000 personnes qui ont tenté de traverser illégalement la frontière chaque jour ces dernières semaines. Une nouvelle caravane de migrants est également en route. Face à cette crise, le secrétaire d’État américain Antony Blinken est au Mexique mercredi pour tenter de trouver une solution.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2024, la crise migratoire est un sujet important aux États-Unis. Les républicains font souvent référence à la maîtrise des frontières et à l’entrée d’immigrés clandestins pour discréditer leurs adversaires démocrates. Les élus républicains au Congrès demandent un accord sur l’immigration avec le gouvernement de Joe Biden en échange de leur appui à une nouvelle enveloppe d’aide pour l’Ukraine.
"Joe Biden se retrouve coincé", pointe Jérôme Viala-Gaudefroy, chargé de cours à Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye et spécialiste des États-Unis. "D’un côté, il doit répondre aux pressions des républicains qui exigent des mesures plus strictes pour contrôler les frontières. De l’autre, il essaie d’aller régler le problème à la source. Mais les causes profondes de la migration, notamment les questions de politique locale et d’économie, mais aussi le changement climatique, sont très compliquées à résoudre." (...)
Loi répressive au Texas
Devant l’afflux de migrants à la frontière, certains États américains ont adopté plusieurs mesures, à la place du gouvernement fédéral dont ils critiquent l’inaction. L’une des dernières en date concerne le Texas. La police des frontières a brièvement fermé les voies ferrées sur les ponts d’Eagle Pass et d’El Paso la semaine dernière, en raison d’une "résurgence" des entrées clandestines par les trains de marchandises.
Des points de passage ont également été suspendus au début du mois en Arizona et en Californie. Loi répressive au Texas
Devant l’afflux de migrants à la frontière, certains États américains ont adopté plusieurs mesures, à la place du gouvernement fédéral dont ils critiquent l’inaction. L’une des dernières en date concerne le Texas. La police des frontières a brièvement fermé les voies ferrées sur les ponts d’Eagle Pass et d’El Paso la semaine dernière, en raison d’une "résurgence" des entrées clandestines par les trains de marchandises.
Des points de passage ont également été suspendus au début du mois en Arizona et en Californie. (...)
Enfin, une nouvelle étape a été franchie dans la crispation du débat le 18 décembre. Le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, a signé une loi controversée criminalisant l’entrée illégale dans son État. La loi crée une "infraction pénale d’entrée illégale au Texas à partir d’un pays étranger", passible de six mois de prison, voire jusqu’à 20 ans en cas de récidive.
Ce texte, censé entrer en vigueur en mars 2024, donne aux autorités de l’État le pouvoir d’arrêter les migrants et de les expulser vers le Mexique, une prérogative qui relève en principe des autorités fédérales. Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), ont déposé un recours en justice pour contester la constitutionnalité de la loi.