De plus en plus de réfugiés en Grèce quittent le pays hellénique pour rejoindre un autre État de l’Union européenne. La faute, expliquent-ils, à une absence de politique d’intégration grecque, au racisme et à une impossibilité de trouver un toit et un travail. La Belgique fait partie des pays qui attirent ces réfugiés politiques : elle examine ces nouvelles demandes mais rappelle que l’asile n’est pas déplaçable d’un pays à un autre.
(...) « On m’a chassé de partout. On me disait : ‘Le travail, c’est pour les Grecs’. Je souffrais de racisme aussi. Certains faisaient le signe de croix en me voyant à Thessalonique, comme si j’étais le diable. »
Edo décide de repartir sur de nouvelles bases : il dépose une nouvelle demande d’asile dans son 2e pays d’accueil. "Je savais que ça allait être compliqué", reconnaît-il. Il vise juste. Edo est débouté de sa première demande devant la CGRA
(équivalent de l’Ofpra, en France). Il fait alors un recours devant le Conseil de contentieux des étrangers (CCE, équivalent de la CNDA française) et attend aujourd’hui la réponse du juge. "J’espère que les Belges m’accorderont une nouvelle chance ici".
Des réfugiés "SDF, bastonnés par la police, pas soignés..."
Des dossiers comme celui d’Edo ne sont pas rares. (...)
Depuis décembre dernier, le CCE a déjà été saisi quatre fois pour ce genre de cas : à chaque fois, des réfugiés statutaires de Grèce et de Bulgarie. "Le phénomène n’est pas nouveau" reconnaît Jean-Christophe Werenne, juge au CCE, joint par InfoMigrants, "mais il nous paraissait essentiel d’assurer une mise à jour des informations sur cette question".
En d’autres termes, reconnaître, à mi-mots via un récent communiqué, que la situation en Grèce et en Bulgarie "peut parfois être perçue comme problématique" tout en rappelant que l’asile n’est pas déplaçable d’un pays à un autre.
Sur les quatre dossiers présentés au CCE, deux ont été déboutés, deux autres "annulés", c’est-à-dire renvoyés devant la CGRA.
"Extrêmement rare que la Belgique accorde l’asile à ces personnes" (...)
D’autres États de l’UE concernés (...)
La France, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse s’étaient eux aussi alarmés du nombre "considérable" de réfugiés venus de Grèce déposant une nouvelle demande d’asile. En juin 2021, ils en avaient même informé la Commission européenne.