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RFI
Affaire Epstein : l’ex-ambassadeur britannique Peter Mandelson renonce à son siège à la Chambre des Lords
#USA #Trump #Epstein #RoyaumeUni
Article mis en ligne le 4 février 2026

Au Royaume-Uni, l’ancien ambassadeur aux États-Unis, Peter Mandelson, un ami d’Epstein qui aurait reçu des dizaines de milliers de dollars de la part du pédocriminel, mis en cause dans de nouveaux documents, a révélé ce mardi 3 février son intention de quitter la Chambre des Lords à compter du 4 février. Peter Mandelson avait annoncé dimanche soir qu’il quittait le Parti travailliste pour ne pas « causer davantage d’embarras » au parti, dirigé par le Premier ministre Keir Starmer.

(...) Nouveaux documents accablants

Un départ rapide donc, à la hauteur du scandale provoqué par la présence du nom de Peter Mandelson, figure historique du Parti travailliste, dans les documents supplémentaires du dossier Epstein publiés le 30 janvier dernier. Ces nouvelles révélations documentent les liens étroits entretenus par les deux hommes.

Peter Mandelson, ancien ministre et commissaire européen de 72 ans, aurait à plusieurs reprises reçu de l’argent d’Epstein au début des années 2000. (...)

Proche de Tony Blair et de Gordon Brown, Peter Mandelson avait déjà dû démissionner de son poste d’ambassadeur aux États-Unis en septembre 2025 en raison de précédentes révélations sur ses liens avec le pédocriminel Jeffrey Epstein.

Une enquête criminelle ouverte

La police de Londres a ouvert une enquête criminelle visant Peter Mandelson, à la suite d’informations selon lesquelles il aurait transmis à Jeffrey Epstein des informations sensibles pour les marchés financiers.

D’après des documents publiés vendredi par le ministère américain de la Justice, Mandelson aurait en effet fait profiter Epstein d’indiscrétions alors qu’il était ministre du Commerce du gouvernement de Gordon Brown : il lui aurait notamment transféré en 2009 un email interne, destiné au Premier ministre, sur la situation économique du Royaume-Uni.

Et dans un autre échange d’emails de 2009 révélé par le Financial Times, Peter Mandelson semble suggérer à Epstein de demander au patron de JPMorgan de « menacer légèrement » le ministre britannique des Finances d’alors, afin d’obtenir la réduction d’une taxe sur les bonus des banquiers.

La Commission européenne a annoncé mardi qu’elle allait, elle aussi, « examiner » si l’ex-commissaire britannique Peter Mandelson avait enfreint certaines de ses règles.

D’autres personnalités britanniques sont touchées par les révélations Epstein : en particulier Andrew Mountbatten-Windsor, déchu de ses titres royaux en octobre par son frère, le roi Charles III, et son ex-épouse Sarah Ferguson.

Lire aussi :

 (France24/AFP)
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Au fil des ans, Jeffrey Epstein sollicite l’aide de figures politiques de premier plan précise, notamment Thorbjorn Jagland, ancien Premier ministre norvégien et alors secrétaire général du Conseil de l’Europe, connu pour ses contacts directs avec le président russe, précise le journal britannique The Independent. Dans un échange de mai 2013, Thorbjorn Jagland est présenté comme un intermédiaire potentiel pour organiser une discussion avec Vladimir Poutine autour des "investissements étrangers" et de la "diversification de l’économie russe".

Jeffrey Epstein insiste, relance, propose des dîners, évoque la présence de personnalités influentes : "Bill Gates sera avec moi à Paris dimanche et lundi, Poutine est le bienvenu pour le dîner", écrit-il à Thorbjorn Jagland en juin 2013.

Un document du FBI datant de 2017 affirme, en citant une source confidentielle, que "Jeffrey Epstein était le gestionnaire de fortune du président Vladimir Poutine".

Des rencontres avortées

Plusieurs échanges laissent penser que certaines rencontres ont été envisagées, voire planifiées, avant d’être annulées. (...)

Un an avant sa mort, il tente encore de faire passer un message au Kremlin, cette fois via le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. "Je pense que vous pourriez suggérer à Poutine que Lavrov puisse obtenir des informations en me parlant", écrit-il à Thorbjorn Jagland dans un mail daté du 24 juin 2018, au sujet de Donald Trump. "Ce n’est pas compliqué. Il [Trump] doit être vu comme quelqu’un qui obtient quelque chose. C’est aussi simple que cela", relance Epstein.

Courriels troublants et jeunes femmes russes (...)

D’éventuels liens avec le renseignement ?

Les révélations ravivent une question centrale : Jeffrey Epstein agissait-il seul ? Une note déclassifiée du FBI provenant des dossiers Epstein, publiés vendredi et rédigée en 2020, indique que Jeffrey Epstein "était un agent du Mossad" (le service de renseignement israélien) et "proche de l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak", précise le mémo. Ce dernier reconnaît avoir fréquenté le financier, tout en niant toute connaissance de ses crimes.

D’après une biographie de l’ex-prince Andrew retraçant notamment son amitié avec Jeffrey Epstein, l’auteur et historien Andrew Lownie affirme que du "matériel compromettant" sur Andrew aurait été transmis par le financier au Mossad. (...)

Accusations de chantage et réactions politiques en Europe

Certaines accusations vont encore plus loin. D’après des sources du renseignement américain citées par le DailyMail et le Sun, le milliardaire aurait été lié de longue date au crime organisé russe et aurait servi de rouage dans une vaste opération de chantage, utilisant des jeunes femmes pour compromettre des dirigeants et des personnalités influentes. Il aurait ainsi mené pour le compte du KGB "la plus vaste opération de piège à miel de l’histoire" – une thèse invérifiable à ce stade et sensationnaliste de la part de ces deux tabloïds.

Si la thèse du chantage d’État reste à prouver, d’autres éléments confirment la dimension systémique du réseau. Citant les avocates des victimes, le journal britannique The Guardian souligne que Jeffrey Epstein et sa complice Ghislaine Maxwell "fournissaient de jeunes femmes et filles à d’autres personnes riches et puissantes". D’après l’avocate Sigrid McCawley, représentant certaines victimes, ce volet de l’affaire donnait au duo de pédocriminels "contrôle et pouvoir sur les individus impliqués dans le trafic sexuel." (...)

Ces révélations ont toutefois eu des répercussions politiques. En Pologne, le Premier ministre Donald Tusk a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête sur d’éventuels liens entre Jeffrey Epstein et les services de renseignement russes, estimant que l’affaire pourrait constituer une menace pour la sécurité nationale. (...)