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Prise en charge des mineurs : "Si le RN change les lois, aura-t-on des leviers pour protéger les jeunes étrangers ?"
#migrants #immigration #MNA #extremedroite
Article mis en ligne le 3 juillet 2024
dernière modification le 1er juillet 2024

Thomas (le prénom a été changé) est éducateur dans une structure mandatée par son département, dans le centre de la France. Depuis le score élevé du Rassemblement national aux élections européennes, puis au 1er tour des élections législatives françaises, il s’inquiète. L’extrême droite pourra-t-elle détricoter les lois actuelles qui protègent les mineurs isolés ? Témoignage.

Pour préserver les jeunes dont il s’occupe, Thomas nous a demandé de ne pas révéler le nom de l’association pour laquelle il travaille, ni son département.

"Je fais partie d’un réseau d’une dizaine d’éducateurs pour les mineurs non accompagnés dans un département du centre de la France. Nous sommes très inquiets de ce qu’il se passe actuellement en France. Les jeunes dont on s’occupe nous rapportent que depuis un an, ils sont victimes de plus en plus de remarques racistes, notamment de la part d’autres adolescents, du même âge qu’eux.

Ils entendent : ’Demain, tu rentres dans ton pays’. Ils ne nous en parlent pas spontanément... On leur pose des questions, et ils se confient... Ces jeunes sont pourtant voués à rester, à s’inscrire dans le paysage socio-professionnel de notre région. (...)

Quand ils nous racontent ce qu’ils vivent depuis quelques mois, on constate qu’il n’y a pas encore de passages à l’acte, tant mieux, mais de plus en plus d’insultes. Les jeunes francophones, comme les Ivoiriens, sont plus inquiets que les autres. Ils parlent le français, certains suivent l’actualité, ils s’interrogent sur leur avenir mais sans prendre toute la mesure des conséquences de l’extrême droite au pouvoir. (...)

En ce moment nous nous occupons d’une centaine de jeunes étrangers, reconnus mineurs par le département : beaucoup sont Ivoiriens, nous accueillons aussi des Guinéens, des Bangladais et quelques Afghans. (...)

Aujourd’hui, je me retrouve à appeler les anciens mineurs dont je me suis occupé et qui travaillent en boulangerie pour leur demander si tout va bien. Je les mets en garde, je leur dis que désormais les gens osent, ils sont désinhibés".