Le gouvernement italien a adopté ce mercredi un nouveau projet de loi pour lutter contre l’immigration irrégulière. Il prévoit notamment l’interdiction provisoire des arrivées de migrants par la mer, le durcissement du regroupement familian ou encore la facilitation des expulsions des migrants reconnus coupables de délits.
Nouveau tour de vis migratoire en Italie. Le gouvernement du pays a adopté mercredi un projet de loi afin d’interdire provisoirement les arrivées de migrants par la mer en cas de menaces graves pesant sur l’ordre public ou la sécurité nationale. Il doit encore être entériné par le Parlement.
Par menaces graves, les autorités italiennes évoquent « une pression migratoire exceptionnelle susceptible de compromettre la sécurité de la gestion des frontières », un « risque concret » d’actes terroristes ou d’infiltration en Italie, ainsi que des situations d’urgence sanitaire mondiale ou en liaison avec des événements internationaux de haut niveau, selon le texte consulté par l’AFP. Dans ces cas, l’interdiction, qui devrait alors être décrétée par le gouvernement sur avis du ministère de l’Intérieur, pourrait durer de 30 jours à six mois. (...)
Pour faire appliquer cette loi, le gouvernement de Giorgia Meloni veut miser sur ses projets controversés de centres gérés par l’Italie dans des pays tiers. (...)
Pacte asile et migration
Mais la mise en place de ces centres n’a finalement pas eu lieu en raison de nombreux recours devant la justice. Aujourd’hui, ces centres sont vides et n’accueillent aucun demandeur d’asile.
Mais cela pourrait toutefois changer avec l’arrivée en 2026 du nouveau pacte asile et immigration. Il prévoit notamment une modification du droit d’asile de l’Union européenne (UE) en établissant une nouvelle liste de pays dits « sûrs ». Cela permettra notamment le rejet plus rapide des demandes d’asile ou le transfert des demandeurs d’asile vers des pays tiers.
Cependant, le ministre de l’Intérieur Piantedosi a reconnu que le gouvernement italien ne peut imposer à un navire battant pavillon étranger de rejoindre un pays tiers. Ce projet ne concernera donc, à priori, que les migrants interceptés par les gardes-côtes italiens. (...)
Outre ce durcissement, ce projet de loi instaure également de nouvelles règles sur le territoire italien. Les conditions permettant le regroupement familial seront plus exigeantes, l’utilisation des téléphones portables dans les centres de rétention sera limité et la justice pourra expulser rapidement les étrangers condamnés pour des délits considérés comme graves, rapporte notre correspondante en Italie, Anne le Nir.
Ce nouveau texte risque aussi d’entraver davantage le travail des ONG, même si, en réalité, la plupart des migrants concernés sont secourus par les garde-côtes ou la marine. (...)