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"Blocus maritime" pour les migrants : l’Italie rétablit l’interdiction pour les ONG d’entrer dans ses eaux territoriales
#Italie #migrants #immigration #UE #ONG
Article mis en ligne le 13 février 2026
dernière modification le 12 février 2026

Le Conseil des ministres italien a approuvé mercredi un projet de loi durcissant les règles sur l’immigration. Parmi elles, instaurer un "blocus maritime" pour empêcher les ONG en mer Méditerranée d’amener un trop grand nombre de migrants en Italie, rouvrir les centres pour demandeurs d’asile en Albanie et faciliter les expulsions.

"Les frontières de l’Italie sont les frontières de l’Europe. Les défendre est un devoir", a écrit sur X le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, à l’issue de l’adoption mercredi 11 février d’un projet de loi sur l’immigration qui permettrait notamment à l’Italie d’interdire provisoirement les arrivées de migrants par la mer "en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité nationale".

"Ce blocus maritime est une promesse tenue", s’est félicitée la Première ministre d’extrême droite Giorgia Meloni. "À tous ceux qui disaient que c’était impossible, je tiens à rappeler que rien n’est véritablement impossible pour ceux qui sont déterminés à agir". (...)

Les navires d’ONG qui forceraient le blocus et ne respecteraient pas l’ordre d’arrêt s’exposent à des amendes pouvant atteindre 50 000 euros. "En cas de violations répétées de l’interdiction, le navire sera d’abord saisi, puis confisqué. Les migrants à bord, considérés comme demandeurs d’asile, pourront être transférés vers des pays tiers sûrs avec lesquels l’Italie a conclu des accords, notamment l’Albanie, afin d’y régulariser leur situation", continue le journal italien.

SOS Humanity, Sea-Watch, Mediterranea Saving Humans et Médecins sans frontières (MSF), ont déclaré que ce projet de loi n’avait pas pour but de réguler les flux migratoires, "mais de cibler et de bloquer les navires humanitaires, ce qui aura pour conséquence d’augmenter le nombre de personnes qui perdent la vie en mer".

"Le refoulement collectif de personnes en haute mer est interdit à la fois par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et par toutes les conventions internationales", a déclaré de son côté Silvia Albano, une juge spécialisée dans les questions d’immigration très en vue à Rome. Toutefois, le projet de loi ne précise pas comment exactement les navires des ONG seront empêchés de traverser les eaux italiennes, ni par qui. (...)