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Calais : nouvelle évacuation de migrants dans l’un des plus grands camps de la ville
#Manche #Calais #migrants #immigration #campements #evacuations
Article mis en ligne le 13 février 2026
dernière modification le 12 février 2026

Environ 500 migrants ont été évacués, et plus de 150 ont accepté une "mise à l’abri" des autorités, lors du démantèlement mercredi du camp dit de Virval, à Calais. C’est la quatrième fois en quelques mois que ce lieu de vie informel, l’un des plus grands de cette ville du nord de la France, est démantelé.

Mercredi 11 février au petit matin, une trentaine de véhicules de police ont débarqué dans le campement du Virval, aussi appelé campement de l’hôpital, à Calais, dans le nord de la France. Les autorités ont démantelé ce lieu de vie informel "occupé illégalement par environ 500 personnes", d’après un communiqué de la préfecture du Pas-de-Calais – les associations dénombrent quant à elles entre 700 et 800 exilés. Beaucoup d’entre eux sont originaires du Soudan.

Ce camp "présente des conditions de vie indignes et particulièrement dangereuses, notamment en raison de sa proximité immédiate avec l’autoroute", explique la préfecture. "Sa configuration favorise également l’emprise des réseaux de passeurs, exploitant la vulnérabilité des personnes migrantes. Le site a par ailleurs été le théâtre de troubles, affectant la sécurité, la salubrité et la tranquillité des riverains, du centre hospitalier et des entreprises voisines", continue le communiqué.

Depuis 2016, et le démantèlement de la "Jungle" de Calais, la France interdit l’installation de camps informels sur son sol à travers une politique sécuritaire du "zéro point de fixation". (...)

Selon Human Rights Observers (HRO), une association qui recense et documente les démantèlements dans le nord de la France, de nombreux exilés n’ont pas pu récupérer leurs effets personnels. "Les équipes de nettoyage ont rasé le campement, ce qui signifie la saisie ou la destruction des biens personnels", déplore Ambre Argney, membre de HRO. "Lors de ces opérations, les tentes et les matelas sont trainés dans la boue, les rendant inutilisables", regrette la militante. (...)

"Harcèlement policier"

C’est la quatrième fois que ce camp est évacué par les forces de l’ordre depuis fin novembre, assure HRO. La dernière opération de ce type s’est déroulée il y a 10 jours, le 30 janvier. (...)

"Pourtant on voit bien que ces évacuations ne sont pas une solution, car les personnes n’ont nulle part où aller donc elles se réinstallent immédiatement", alerte la militante, qui dénonce la politique du zéro point de fixation prônée par le gouvernement, qui provoque "un harcèlement policier" envers les migrants. (...)

Les solutions d’hébergement proposées par les autorités lors des démantèlements ne correspondent pas toujours à leurs besoins. Les CAES se trouvent loin des plages d’où partent les canots. Et lorsque les exilés sont envoyés dans ces structures, deux solutions s’offrent alors à eux : demander l’asile en France ou quitter le centre au bout de quelques jours. Résultat : beaucoup refusent tout simplement d’y aller, sachant très bien qu’ils retourneront à la rue.

Malgré le durcissement de la politique migratoire au Royaume-Uni et la mise en application l’été dernier de l’accord "one in, one out" entre Paris et Londres, les migrants n’ont pas changé leurs plans. "Peu importe, je vais quand même continuer mon chemin. Je suis venu d’Afrique, j’ai traversé le désert, la mer Méditerranée… J’ai fait trop de route pour arrêter maintenant et avoir peur d’un accord", avait déclaré à InfoMigrants en novembre un Soudanais vivant dans ce campement.