La Commission européenne a fait savoir aux autorités chypriotes, par voie de presse, son "obligation" à fournir un accès à la procédure d’asile. Depuis trois mois, des dizaines de migrants sont bloqués dans la zone tampon de l’île contrôlée par l’ONU et sont empêchés, de fait, de déposer leur demande de protection internationale.
(...) Le porte-parole a ajouté "suivre de près la situation" et "être en contact" avec les autorités chypriotes et le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) à ce sujet.
No man’s land
Depuis la mi-mai, des dizaines de migrants sont bloqués dans la zone tampon de l’île. Contrôlée par l’ONU, elle sépare le nord du territoire chypriote, administrée par la Turquie, de sa partie sud, membre de l’UE depuis 2004. Ils sont aujourd’hui 70 migrants à patienter dans ce no man’s land sous une chaleur étouffante, avec pour seuls abris des tentes de l’ONU et des seaux d’eau pour se laver. (...)
Ces exilés, comme des milliers d’autres présents à Chypre, sont arrivés par avion côté turc, et avaient pour objectif de passer au sud via la Ligne verte, ligne de démarcation entre les deux territoires. (...)
Jeudi dans la matinée, le vice-ministre des migrations Nicolas Ioannides a visité la zone tampon près de la localité d’Avlona, à l’ouest de la capitale Nicosie. Au sujet des exilés bloqués, il a partagé sa "préoccupation". "Nous sommes conscients la problématique humanitaire, c’est pourquoi nous fournissons des produits de première nécessité à ces personnes", a-t-il assuré. Il a dans le même temps défendu la "position ferme" du gouvernement : "nous ne voulons pas créer une nouvelle route [migratoire] via la Ligne verte".
Des habitants et des agriculteurs locaux lui ont exprimé leur frustration face à la clôture de 14 km qui s’étend sur certaines parties de la Ligne verte - installés à la demande de l’ancien ministre de l’Intérieur, Nicos Nouris - la qualifiant "d’inutile". (...)
Quarante-six d’entre eux, originaires de Somalie, du Soudan, de Syrie, d’Afghanistan et d’Iran ont depuis déposé un recours devant la justice. Certains de ces migrants auraient tenté de déposer leur demande d’asile au centre d’accueil de l’île de Pournara mais en auraient été empêchés par les autorités, puis conduits en voiture et "abandonnés" dans la zone tampon, d’après l’ONU.
En juin, cinq migrants syriens avaient, eux aussi, été refoulés par les autorités du sud de l’île alors qu’ils approchaient le centre d’accueil de Pournara. (...)