(le 4 avril) des garde-côtes libyens ont ouvert le feu en direction de l’un des canots de sauvetage du navire humanitaire Mare Jonio. L’équipage était en train de secourir une embarcation de migrants lorsque les Libyens sont intervenus provoquant un mouvement de panique. Le Mare Jonio a finalement pu porter secours à 56 personnes qui ont été débarquées en Sicile vendredi.
"Arrêtez de tirer, arrêtez de tirer, c’est une opération de secours !" La tension est palpable dans la vidéo publiée par l’ONG Mediterranea saving humans, vendredi 5 avril. On y voit un canot de sauvetage du navire humanitaire Mare Jonio poursuivi par un autre sur lequel se trouvent des hommes en habits sombres. Plus loin se trouve un navire patrouilleur identifié par l’ONG comme étant le 658 Fezzan, un navire des garde-côtes libyens fourni par l’Italie à la Libye en 2018.
Au début de la vidéo, des membres de l’équipage humanitaire et des exilés semblent chercher à se protéger de coups de feu. Une voix d’homme interpelle alors les Libyens, leur intimant d’"arrêter de tirer". Mediterranea saving humans, qui affrète le Mare Jonio, a décrit les événements dans un communiqué détaillé publié sur son site le 5 avril. (...)
Les Libyens pratiquent alors des manœuvres dangereuses autour des embarcations impliquées dans le sauvetage, puis tirent des coups de feu en l’air provoquant un mouvement de panique. Des migrants sur le navire libyen et sur l’embarcation en difficulté se jettent à l’eau. La situation s’aggrave lorsque les Libyens dirigent leurs tirs, cette fois-ci en direction de l’un des canots de sauvetage du Mare Jonio, affirment les humanitaires.
"Les miliciens libyens ont tiré plusieurs coups de feu et des rafales de mitrailleuses sur notre deuxième bateau de sauvetage RHIB ABBA2, tirs qui, dans certains cas, sont tombés à moins d’un mètre de nos tubes", détaille l’ONG qui précise que les Libyens n’ont répondu "à aucun appel au respect du droit de la navigation et aux invitations répétées à cesser les comportements hautement dangereux".
L’ONG indique avoir finalement pu terminer le sauvetage de toutes les personnes repérées dans l’eau mais n’exclut pas que des migrants aient disparu après avoir sauté du navire des garde-côtes libyens. (...)
"Nous sommes choqués par le niveau de violence déployé par les soi-disant garde-côtes libyens", a exprimé Laura Marmorale, présidente de Mediterranea Saving Humans.
"Nous considérons le gouvernement italien et les institutions européennes directement responsables de ce qui se passe en mer : la collaboration meurtrière avec les milices libyennes doit cesser immédiatement", a-t-elle plaidé.
Des agressions fréquentes
Les altercations entre garde-côtes libyens et navires humanitaires sont fréquentes. Et les coups de feu ne sont pas rares. (...)