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RFI
Le Sénégal face à l’inquiétante réalité des féminicides
#Senegal #femmes #feminicides
Article mis en ligne le 13 février 2026

Les féminicides, un sujet qui s’impose dans l’espace public

Après des heures à travailler sur son vécu au sein de la Maison Rose, entourée d’autres survivantes, Nabou a un message à faire passer : « [Président] Bassirou Diomaye Faye, il faut aider les femmes à trouver du travail pour qu’elles soient autonomes et se fassent respecter par les hommes, parce que beaucoup d’entre eux sont du genre macho. »

Ces derniers mois, les violences faites aux femmes se sont imposées comme un sujet discuté et dénoncé dans l’espace public, au fil, notamment, de meurtres répétés de femmes dans le cadre domestique.

En 2025, 18 féminicides ont été recensés au niveau national, un chiffre largement sous-estimé, car il comprend les seuls cas connus et médiatisés. Les autorités sénégalaises reconnaissent une situation particulièrement inquiétante pour les femmes. Le président Bassirou Diomaye Faye a prononcé, pour la première fois, le mot féminicide lors de ses vœux de fin d’année, le 31 décembre dernier. S’il s’agit d’un premier pas symbolique, les survivantes et celles qui les accompagnent espèrent plus. (...)

Dans cette maison familiale, des femmes discutent autour d’un thé. À l’étage, un lit est toujours fait « au cas où ». C’est ici que des survivantes de violence trouvent refuge.

« Elles m’appellent au téléphone et me disent : "Là, je n’en peux plus, si je reste, il va me tuer, je veux quitter ce lieu", relaie Ngoné Sarr, la présidente des badiénou gokh, du nom de ces marraines de quartier, dans la commune de Ouakam. Donc, je fais tout pour avoir mon téléphone toujours à portée de main. Même la nuit, je ne l’éteins pas. »

Ngoné Sarr ne travaille pas pour l’État, ni pour une association, mais son adresse et son numéro circulent parfois jusqu’à Matam, au nord-est du pays, une région dépourvue de tout lieu d’accueil pour les femmes exposées à la violence. (...)

À Guédiawaye, en banlieue de Dakar, la Maison Rose est une structure pionnière dans l’accueil de femmes en souffrance. Nabou, 20 ans, y est accueillie depuis deux mois. Orpheline, elle a fui la prostitution forcée par son entourage. (...)