Dans le cadre des travaux sur le masculinisme, la délégation aux droits des femmes du Sénat organisait, mardi, une table ronde sur les risques de radicalisation. Les différents chercheurs ont relevé des liens entre le masculinisme et différentes radicalités notamment le djihadisme.
(...) Tristan Renard, sociologue, coordonnateur du CRESAM (Centre ressource en santé mentale dans la prévention des radicalités violentes) au Centre Hospitalier Gérard Marchant à Toulouse, a insisté « sur la transversalité des radicalités ». Il relève que des individus radicaux peuvent passer d’une idéologie à une autre, par des points de convergence entre le djihadisme, l’ultradroite, ou encore la focalisation sur une vision racialiste de l’histoire. (...)
« Chez les femmes djihadistes, l’antiféminisme est très présent, pareil chez les hommes. Et le masculinisme va reposer sur l’expérience d’être homme, la victimation d’être homme en pointant la responsabilité de l’égalité des droits ».
Pour Alexandre Ledrait, professeur de psychopathologie clinique et de psycho criminologie clinique à l’université de Caen Normandie, « le mouvement djihadiste est éminemment masculiniste notamment chez les Français qui sont partis sur zone parce que l’acception au djihad offrait une place, un statut, une fonction à des hommes qui pensaient qu’ils n’en avaient pas. Ils se sentaient victimes d’un sentiment de déclassement sociétal plutôt en lien avec leurs origines. Les masculinistes, ils évoquent quoi ? Un sentiment de déclassement de genre », compare-t-il. (...)