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Marie-Claude Saliceti
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Kurdistan au féminin
SYRIE. Une « police féminine » voilée pendant que les héroïnes YPJ sont rejetées
#Syrie #FDS #Turquie #Kurdes #Rojava #femmes
Article mis en ligne le 22 mars 2026

(...) Ces policières en niqab ou hijab intégral, formées dans l’esprit même des brigades al-Khansa de Daech, font rougir de plaisir les adeptes de l’État islamique. Daech n’aurait pas rêvé mieux : un régime qui prétend « moderniser » la Syrie mais recrée exactement le même outil de terreur patriarcale que l’organisation qu’il prétend avoir vaincue. Forcer des milliers de femmes à Damas et Alep à se voiler sous peine de sanctions, déployer des « policières féminines » made in HTS… c’est la victoire posthume de l’idéologie takfiri.

Et pendant ce temps, que fait Damas face aux véritables combattantes de la liberté ? Il refuse catégoriquement d’intégrer les unités féminines YPJ (Unités de Protection des Femmes) dans les nouvelles forces armées nationales syriennes.

Les YPJ, ces femmes kurdes qui ont brisé les chaînes du patriarcat, qui ont libéré Kobané, Raqqa et des milliers de femmes yazidies des griffes de Daech, qui ont prouvé au monde entier qu’une femme peut tenir une kalachnikov, commander une unité et diriger une société égalitaire… ces mêmes YPJ sont jugées « incompatibles » avec l’armée de Damas.

Pourquoi ? Parce que HTS n’a jamais accepté de femmes dans ses rangs. Parce que pour ces islamistes, une femme en uniforme, tête découverte, égalitaire et révolutionnaire est une insulte à leur conception médiévale de la « féminité ». Parce que intégrer les YPJ signifierait accepter le modèle du Rojava : co-présidence, égalité réelle, laïcité et lutte contre l’obscurantisme. (...)

C’est plus qu’une injustice. C’est une trahison de la révolution syrienne. C’est une déclaration de guerre contre le progrès des femmes. C’est la preuve que le nouveau régime de Damas n’est pas un « gouvernement de transition » mais un régime islamiste qui veut effacer le seul modèle féministe et démocratique qui a réellement existé en Syrie depuis 2012.

Les YPJ ont déjà annoncé qu’elles ne rendraient pas les armes et qu’elles ne se soumettraient pas à un système qui les considère comme une menace existentielle. Elles ont raison.

À l’heure où l’on célèbre partout « la chute de la dictature », il faut avoir le courage de le dire : le régime de Damas n’a pas libéré les Syriennes. Il les a remises sous voile et sous surveillance. Et il a choisi d’exclure celles qui les avaient réellement libérées.