Le président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella a annoncé son souhait de "supprimer le droit du sol" en cas de victoire lors des élections législatives anticipées. Mais qu’est-ce que le droit du sol ? Existe-t-il en France ? InfoMigrants fait le point.
Qu’est-ce que le droit du sol ?
Le droit du sol est le fait d’obtenir la nationalité du pays dans lequel l’enfant est né. Concrètement, cela signifie que si vous êtes né en France, vous obtenez automatiquement la nationalité française.
Mais le droit du sol tel qu’il est défini juridiquement n’existe pas en France, rappellent les avocats. "La France ne pratique pas stricto sensu le droit du sol. Il ne suffit pas d’être né dans l’Hexagone pour avoir la nationalité française", signale à InfoMigrants Me Sylvain Saligari, avocat en droit des étrangers. Contrairement aux États-Unis par exemple, où le simple fait d’être né dans le pays vous donne droit à la nationalité américaine.
"Jordan Bardella emploie l’expression ‘droit du sol’ pour justifier sa théorie du grand remplacement et de la submersion migratoire. Il joue sur l’ignorance juridique des gens en prenant comme idée que tout enfant étranger né en France est automatiquement français, ce qui est juridiquement faux", insiste Me Nicolas De Sa-Pallix, avocat en droit des étrangers, joint par InfoMigrants.
La France pratique le "double droit du sol"
Mais alors, que dit la législation française ? La France pratique en réalité le "double droit du sol" : la nationalité française est attribuée de façon systématique à tout enfant né en France dont au moins l’un des parents, étranger, est également né en France. C’est, avec le "droit du sang"
, le seul cas d’attribution automatique dès la naissance.
Pour les enfants nés en France de parents étrangers nés dans un autre pays, la règle diffère : ils peuvent obtenir la nationalité française à leur majorité, mais sous la condition d’avoir résider au moins cinq ans en France - de manière continue ou discontinue - depuis l’âge de leur 11 ans.
Il est également possible d’obtenir la nationalité française par déclaration anticipée : avant la majorité sur demande des parents (entre 13 et 16 ans) ou sur demande personnelle (entre 16 et 18 ans). Les conditions de résidence demandées sont les mêmes. (...)
L’exception de Mayotte
L’île de Mayotte, située dans l’océan Indien a une législation particulière sur ce sujet. Selon la loi Immigration de 2018, un enfant né sur l’archipel peut devenir français à sa majorité s’il remplit la condition de résidence de cinq ans et si un de ses parents a résidé de manière régulière sur le sol de Mayotte depuis au moins trois mois de manière ininterrompue.
Ce délai de résidence "ininterrompue" n’existe nulle part ailleurs.