Une énième opération d’évacuation du campement installé dans la rue autour du stade de Cavani, à Mayotte, a eu lieu mercredi matin. Cette fois-ci, toutes les personnes présentes ont été prises en charge et la rue a été complètement nettoyée. La préfecture veut empêcher toute nouvelle occupation de ce lieu.
Près de 200 personnes ont été évacuées de la rue qui borde le stade de Cavani, à Mayotte, ce mercredi. Ici, des demandeurs d’asile, réfugiés et déboutés du droits d’asile - principalement originaires d’Afrique des Grands Lacs - vivaient depuis le démantèlement de leur campement à l’intérieur du stade adjacent en mai dernier.
Les agents de la préfecture de Mayotte sont arrivés à l’aube, accompagnés de policiers et tractopelles, pour dégager ce camp de fortune qui avait vu le jour sur le trottoir. Ce jeudi, il n’y a plus aucun matelas, ni tente, sur ce lieu où vivaient des centaines de personnes dans des conditions insoutenables.
"Ils ont été envoyés aux quatre coins de l’île" (...)
"Les gens vivent à même le sol"
"C’est une bonne chose car les conditions de vie là bas... C’était invivable", ajoute Désirée. "Il y avait vraiment beaucoup de monde. Moi, quand j’y étais, je tombais tout le temps malade car on n’avait pas accès à l’eau et on vivait par terre", raconte celle qui est actuellement hébergée par une amie. Les exilés étaient aussi régulièrement victimes d’agressions menées par "de jeunes délinquants" armés de bâtons ou de machettes.
"Nous n’avons plus rien pour nous abriter du soleil ou de la pluie. Les gens vivent à même le sol, seuls quelques-uns ont un matelas", témoignait en juin à InfoMigrants Pascal*, âgé de 37 ans et originaire de RDC. "Ici, les droits de l’Homme sont totalement bafoués. La situation est critique. Entre le choléra, le non-accès à l’eau, les agressions quotidiennes… On ne vit plus”, racontait-il.
Récemment, les migrants sur place dénonçaient "une chasse à l’homme" car des individus avaient détruit les fontaines à eau à proximité du camp, obligeant les exilés à se rendre à une source plus lointaine où des personnes les attendaient pour les agresser.
Pour éviter la formation d’un nouveau camp, "les services de police municipale et nationale demeurent en vigilance afin de prévenir et lutter contre toute installation opportuniste d’individus dans les rues du quartier", précise la préfecture. Un arrêté a d’ailleurs été pris par le préfet de l’île pour interdire l’occupation de la rue et des trottoirs (...)
"On a vu certaines personnes danser lorsque la fin du campement a été annoncée" (...)