Au Sénégal, c’est à Rosso, à 380 km de Dakar, au bord du fleuve qui sépare les deux pays, que sont refoulés les migrants subsahariens venus de Mauritanie. La ville tente, tant bien que mal, d’accueillir ce flot de personnes expulsées mais manque de moyens. Reportage.
(...) Vingt-deux Maliens et un Sénégalais refoulés de Mauritanie ont trouvé refuge dans ces locaux de la Croix-Rouge de Rosso, dans le nord du Sénégal. Mais il est difficile de faire plus malgré la demande, selon le directeur du centre Mbaye Diop. "Beaucoup de migrants sont venus ici pour avoir de l’aide, mais il n’y a pas de moyens. On peut donner de l’eau, les laisser laver leur linge, mais c’est difficile pour tout le monde", affirme-t-il. (...)
Reste la solidarité des habitants de Rosso, comme Hann qui a une boutique à 150m du point de traversée entre la Mauritanie et le Sénégal. "Beaucoup de gens viennent demander de l’eau, certains peuvent payer, d’autres demandent à ce qu’on leur offre. Ils sont nombreux à venir ici, c’est difficile ce qui leur arrive. Ils n’ont pas de téléphone, ni de quoi manger. »
Tous les soirs, dans les ruelles autour de l’embarcadère, des dizaines de migrants subsahariens passent la nuit sur les terrasses devant les boutiques et les habitations, en attendant de pouvoir rentrer chez eux ou repasser la frontière.
La visite de la ministre des Affaires étrangères sénégalaise, Yacine Fall, à Nouakchott lundi 17 mars n’a pour le moment pas permis de résoudre le problème des expulsions de Sénégalais. La semaine dernière, Yacine Fall avait pourtant annoncé que la Mauritanie indiquerait, d’ici à la fin du mois de mars, la procédure à suivre pour que les Sénégalais puissent obtenir une carte de séjour.