L’aéroport britannique de Birmingham a mis en place un numéro de secours pour venir en aide aux femmes menacées de mariage forcé ou d’excision. Les victimes peuvent se réfugier dans les cabines de toilettes de l’aéroport en attendant d’être secourues par les autorités.
Après les portiques de sécurité, de petits autocollants rectangulaires discrètement affichés conseillent aux victimes potentielles d’appeler le 101. Les passager·ère·s vulnérables peuvent entrer dans les toilettes à l’aéroport de Birmingham et appeler avec son portable le numéro.
La couleur de la cabine avertit instantanément les autorités de l’emplacement de la victime, invitée à ne pas sortir jusqu’à ce qu’elle soit secourue. La personne est ensuite prise en charge par les forces de police. (...)
Si l’on n’avait pas entendu parler de ce dispositif jusqu’ici, c’est parce que les autorités de police de West Milands tenaient à garder le secret, afin de ne pas alerter les bourreaux des victimes, explique la porte-parole. Comme le précise l’article du Huff Post, un client de l’aéroport a repéré l’initiative et a diffusé une photo des codes couleurs sur les réseaux sociaux.
"Il s’agit du seul système de ce genre instauré dans le pays. Les autocollants ont été placés stratégiquement principalement sur les portes des cabines de toilettes masculines et féminines, après que les gens aient passé la sécurité afin que les voies de sortie soient bloquées", explique la porte-parole.
"Que faire si vous n’avez pas de téléphone pour appeler le numéro ?"
Sondés par le Huff Post à propos de l’initiative, les passager·ère·s de l’aéroport saluent pour la plupart l’initiative en émettant toutefois quelques réserves. "Je pense que c’est une bonne idée, mais que faire si vous n’avez pas de téléphone pour appeler le numéro ? (...)
Quand l’été rime avec excision
Dans le monde, une petite fille est excisée toutes les 4 minutes. Un fléau particulièrement répandu en Afrique, malgré des lois qui l’interdisent formellement, comme c’est le cas au Kenya, en Ouganda, en Guinée-Buissau, au Nigeria ou en Gambie.
Cette mutilation génitale féminine (MGF) qui consiste en une ablation totale ou partielle du capuchon clitoridien, est considérée comme un rite de passage lorsqu’une petite fille est estimée en âge de se marier (même si en réalité, ce n’est encore qu’une enfant). Cruelle et dangereuse, cette pratique peut entraîner de sérieuses infections, provoquer des hémorragies et la stérilité et parfois même conduire au décès.
Dans plusieurs pays d’Afrique comme la Somalie, le Niger et la Guinée, l’été pourrait être qualifié de "saison des excisions". Ces jeunes filles n’allant pas à l’école, leurs parents profitent de leurs vacances afin qu’elles puissent se remettre plus facilement. Certaines fillettes qui vivent en Europe ou aux Etats-Unis sont même emmenées dans leurs pays d’origine "en vacances" pour subir cette mutilation. (...)