À Sfax, à l’est du pays, après la vague de violences contre les migrants subsahariens qui a suivi les propos polémiques du président de la République Kaïs Saïed, beaucoup se sont retrouvés sans logement et sans travail. Si certains tentent de continuer leur vie, d’autres se trouvent dans des situations plus que précaires.
Les associations présentes sur place se disent débordées par la demande sociale.
"C’est une ville industrielle donc il y a beaucoup de travail, beaucoup de demandes. Et elle est aussi connue par le travail clandestin donc les migrants, ils viennent ici à Sfax pour chercher du travail et gagner de l’argent", explique Yosra Allani, coordinatrice régionale de l’ONG Terre d’asile.
Submergée
Après les propos de Kaïs Saïed, l’association s’est retrouvée submergée par des personnes ayant perdu leur emploi ou leur logement : "Pendant la période de Covid, il y a vraiment eu une solidarité entre la population, les associations etc… Mais cette période, c’était différent parce qu’on s’est retrouvé un peu contre tout le monde, c’était vraiment dur pour nous, même pour travailler." (...)
Aujourd’hui, si certains ont pu se faire réembaucher discrètement dans la restauration ou les ménages, beaucoup n’ont pas repris le travail, faute d’arriver à obtenir un contrat ou la carte de séjour.
La demande tendue se voit aussi dans la multiplication des départs irréguliers en mer et des naufrages. Selon les chiffres du Forum tunisien des droits économiques et sociaux, 132 migrants ont péri en traversant la Méditerranée depuis le mois de janvier, dont la majorité au mois de mars.