Validité, légitimité, stratégie... Les conditions d’une intervention militaire des Occidentaux en Syrie soulèvent trop de questions pour emporter l’adhésion.
Pour la deuxième fois en dix-huit mois à la tête de l’Etat, François Hollande s’apprête à engager l’armée française dans une guerre, ou du moins dans des opérations militaires. Ce n’était pas vraiment dans les habits du chef de guerre qu’il était attendu, mais c’est sur ce terrain paradoxal qu’il aura pris, jusqu’ici, les décisions les plus graves. (...)
Echaudées par les « preuves » américaines concernant les armes de destruction massive irakiennes en 2003, les opinions publiques veulent avoir la certitude qu’on ne les « balade » pas de nouveau. Des formules comme « tout porte à croire » employées par François Hollande ne sont guère rassurantes (...)
Peut-on invoquer en permanence la légalité internationale pour s’asseoir dessus quand elle n’est pas possible ? Ça mérite explication (...)
Des frappes ponctuelles sur deux ou trois jours, si l’on en croit les fuites organisées, changeront-elles la donne dans cette guerre, ou ne feront-elles qu’ajouter simplement de « la guerre à la guerre », avec le risque d’un engrenage non désiré ? S’il s’agit seulement de « punir », cela a-t-il vraiment du sens alors que la tragédie syrienne se poursuit et se poursuivra encore longtemps ? Là encore, ça mérite des explications qui manquent singulièrement. (...)
Aujourd’hui, sous le coup de l’émotion de l’attaque chimique d’Al Ghouta, les Occidentaux, fortement encouragés par les puissances conservatrices du Golfe et Israël, s’apprêtent à passer à l’acte contre le régime de Damas.
Mais ils le font dans des conditions qui soulèvent tant de questions sur sa cohérence, et dans un tel flou sur la stratégie, qu’ils ne parviennent pas à entraîner l’adhésion de la majorité de l’opinion (aussi bien aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne qu’en France), et suscitent de fortes réticences au sein de la classe politique des pays concernés. Pas les meilleurs auspices pour une action militaire au cœur du conflit le plus sanglant de notre époque.