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Syrie : les droits des femmes plus que jamais menacés
Article mis en ligne le 14 septembre 2013

Najat Vallaud-Belkacem a réuni des représentants d’associations syriennes pour dresser le bilan de la condition des femmes dans le pays déchiré par la guerre. Un état des lieux alarmant.

Médecins, psychologues, artistes, journalistes, activistes syriennes et représentantes de la Coalition nationale syrienne, tous rassemblés par Najat Vallaud-Belkacem au ministère des Droits des femmes mercredi 11 septembre1 pour exposer le quotidien des Syriennes à l’intérieur du pays et dans les camps de réfugiés. Avec comme enjeux, a récolte de fonds pour venir en aide aux femmes, et la préparation du rôle des Syriennes dans l’éventuelle phase transitoire d’après al-Assad.

« Qu’il s’agisse des épouses, des filles, des mères des soldats du régime ou de celles des rebelles, les femmes souffrent et sont les premières victimes du conflit syrien. » (...)

en temps de guerre, le viol est une arme redoutable à laquelle la Syrie n’échappe pas. « Je n’aurais jamais imaginé l’ampleur des viols dans les prisons », confie le docteur Oubaida Al-Moufti, porte-parole de l’Union des organisations syriennes de secours médicaux (UOSSM). Les femmes, les sœurs et les filles des prisonniers sont violées sous leurs yeux pour les faire parler. » (...)

Des agressions subies à l’intérieur même du pays mais aussi dans les camps de réfugiés, où des jeunes filles de 13 à 15 ans subissent des mariages précoces ; une façon pour la famille d’obtenir de l’argent. Pour parer à ces situations, les participants ont réclamé des moyens financiers qui permettraient l’autonomisation économique des femmes. (...)

Avec les hommes sur le front, les Syriennes n’ont pas suffisamment de revenus pour faire vivre leur famille. « Aujourd’hui, il y a 7 millions de personnes qui ont besoin de soins en Syrie, qu’il s’agisse d’aide humanitaire ou d’aide alimentaire », selon Oubaida Al-Moufti, qui expose que des milliers d’enfants ne sont pas vaccinés depuis 2 ans et que le lait, notamment, manque cruellement.

Cette situation désole la docteure Al-Moufti, qui poursuit : « 80% des accouchements se font désormais à domicile, ce qui amène des morts chez les femmes et les nourrissons. La guerre tue des milliers de personnes au combat, mais le grand désastre est aussi celui de la vie quotidienne ». En 2009, le nombre de morts naturelles faute de soins était de 116 en Syrie. En 2013, ils s’élève à plus de 200.000.

Dans ce drame syrien, Oubaida Al-Moufti tient à souligner que sur les 1.500 morts de l’attaque chimique du 21 août dernier, les deux tiers étaient des femmes et des enfants. (...)

Au-delà des décès liés à la guerre et au manque de moyens, la peur des mères syriennes réside aussi dans la déscolarisation de leurs enfants. Aujourd’hui, plus de 40% des enfants âgés de 6 à 15 ans ne sont pas scolarisés, et plus de 2 millions sont privés d’école. Des données qui font craindre à Bassma Kodmani, politologue, directrice de l’Arab Reform Initiative (ARI), « le danger d’une génération d’enfants qui vont prendre les armes faute d’éducation. »
(...)

l’image des femme a beaucoup reculé avec l’évolution du conflit. La Syrie doit désormais faire face à l’apparition de mercenaires, qui apportent avec eux la culture des pillages. Une situation qui conduit les femmes à disparaître de l’espace public dans les villes et les villages. « Il y a une nouvelle maladie qui se répand en Syrie : ce sont les groupes djihadistes », alerte la jeune femme. « Ils interdisent aux femmes de sortir sans voile, certaines sont mariées de forces à des combattants, à des moudjahidines étrangers. Il y a une infiltration des djihadistes au sein même de la société. » (...)

« Les musulmans syriens sont modérés. S’il y avait eu un véritable soutien de la communauté internationale dès le début, nous n’en serions pas là. »

Yana, elle, va plus loin dans sa mise en garde. « Si on laisse la société toute seule, c’est sûr que dans quelques années, on sera dans une société afghane. » (...)

Pour permettre l’intégration des femmes dans la phase transitoire du conflit (tout est encore question de conditionnel), la France, par la voix de Najat Vallaud-Belkacem, s’est engagée à former 50 Syriennes dans le domaine politique via un programme d’échange de plusieurs semaines. S’il elle s’est également dite prête à fournir l’aide économique nécessaire aux besoins urgents de la Syrie, la France a néanmoins expliqué que restait à convaincre le reste de la communauté internationale. Aucune annonce n’a donc été faite sur le possible versement de fonds pour venir en aide à ces associations locales.