Il n’est pas donné à tout le monde de célébrer son 16e anniversaire au siège de l’ONU, et d’y prononcer pour l’occasion un discours. Malala Yousafzai, jeune lycéenne pakistanaise, blessée à la tête par les talibans, connaîtra pourtant cette expérience aujourd’hui. Dans son discours, elle appellera les gouvernements à garantir une éducation gratuite et obligatoire pour tous. Et surtout toutes. Devant les 500 jeunes qui seront présents, elle répétera : « Sortons nos livres et nos stylos. Ce sont nos armes les plus puissantes. »
Malala Yousafzi est devenue plus qu’un symbole dans la lutte pour l’éducation des filles, et le combat contre les talibans. En octobre 2012, elle fut victime d’une tentative d’assassinat, au sortir de son école. Grièvement blessée à la tête et au cou, elle subira cinq heures d’opération. Aujourd’hui, après la rééducation et d’autres opérations, elle a repris son bâton de pèlerin. (...)
En 2012, le rapport indique avoir recensé plus de 3600 attaques portées contre l’éducation, incluant des violations, des tortures ou de l’intimidation, dont sont victimes enfants et enseignants. Certaines ont causé la mort. De même, en deux ans, 3900 écoles ont été détruites.
Pourtant, les enfants continuent de se battre pour aller à l’école : 95 % des 28,5 millions d’enfants qui ne reçoivent pas d’enseignement primaire vivent dans des pays à revenu faibles. On trouve ainsi 44% en Afrique subsaharienne, 19 % dans le sud et l’ouest de l’Asie et 14% dans les États arabes.
« Un enfant, un enseignant, un stylo et un livre peuvent changer le monde. L’éducation est l’unique solution. L’éducation est prioritaire », explique-t-elle. Selon un rapport qui sera publié à l’occasion de son discours, à travers le monde, 57 millions d’enfants âge d’être scolarisés en école primaire, ne vont pas du tout à l’école. Cette étude réalisée par l’UNESCO et Save The Children, ajoute que le nombre d’enfants a cependant diminué ; il était de 60 millions en 2008. Sauf que dans les pays en guerre, ce chiffre est passé de 42 % à 50 %.
Enfin, les filles représentent 55 % des viols et agressions sexuelles qui interviennent dans les conflits armés, rapporte l’UNESCO. Irina Bokova, directeur général de l’UNESCO : « Dans de nombreux pays, parmi les plus pauvres du monde, les conflits armés continuent de détruire non seulement les infrastructures scolaires, mais aussi les espoirs et les ambitions de toute une génération d’enfants. »