
En septembre dernier, un agriculteur d’Arles agressait deux journalistes de France 2
Alors qu’ils tournaient un documentaire pour Envoyé Spécial en septembre dernier, une équipe de journalistes a été agressée par un agriculteur et grand propriétaire terrien près d’Arles (Bouches-du-Rhône). Retour sur un incident pas si isolé, dans une région où les tensions sont vives dès que la presse enquête sur les travailleurs détachés (mais pas toujours déclarés) qui participent aux récoltes. (...)
Laura Aguirre de Cárcer, journaliste pour l’émission "Envoyé Spécial", s’approche d’une voiture sur le chemin trempé et demande une interview au propriétaire, dont le visage est flouté. Plusieurs personnes l’ont identifié auprès d’"ASI" comme étant l’agriculteur Didier Cornille. Le moteur vrombit avant qu’elle ait pu poser sa question : y a-t-il encore des travailleurs agricoles venus de l’étranger dans ces logements, fermés par arrêté préfectoral en mai 2020 pour cause d’insalubrité ? "Nous allons vite comprendre que le sujet est très sensible," explique-t-elle en voix off.
Quelques minutes plus tard, le pick-up du propriétaire ressurgit au détour de la route. Il accélère, fonce droit sur la caméra et pile à moins de dix centimètres des genoux du JRI, Thomas Guery, qui s’exclame : "Calme, calme !" Le propriétaire n’écoute pas les appels répétés de Laura Aguirre de Cárcer ("Arrêtez, monsieur !"). Il sort de sa voiture et se précipite sur la caméra, qu’il tente d’arracher au JRI (journaliste reporter d’images), avant de poursuivre les deux journalistes. "On s’en va, on s’en va !" répète la journaliste, tandis que son collègue se débat. La caméra tangue. "Vous êtes malades de venir chez les gens !" s’écrie le propriétaire. Les journalistes, stationnés sur la route, ne sont pourtant pas sur sa propriété. "Il n’hésite pas à nous frapper," précise la voix off de Laura Aguirre de Cárcer.
Bienvenue dans le secteur agro-industriel des Bouches-du-Rhône, où les relations entre les grands propriétaires terriens et la presse sont extrêmement tendues - et où ce déferlement de violence soudaine envers des journalistes n’est pas un incident isolé. (...)