Notre nouveau régime se consolide de jour en jour, alors nous nous appauvrissons. Comme nos rêves, lesquels seraient autant moins... accomplis que par le passé. Évidences sans raison et suivant un illogisme nécessairement accompli. Les biens quelque part communs encore à tous, ou ce qui en reste, sont bradés sous ordre de la Troïka aux “investisseurs” surtout quelconques, “d’urgence et précipitamment”, tel le port du Pirée dont le “cas” est cette semaine “débattu au Parlement”.
Dès le début de la semaine, les dockers protestent, et mercredi 26 février, c’est par un échantillon significatif et assez massif que les travailleurs du secteur toute branche confondue, ont manifesté devant le “Parlement”. Les élus locaux, les représentants de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Pirée et les députés de gauche se sont joints aux enfants du Pirée pour ne plus “acquiescer l’absurde”.
Panagiotis Lafazanis, porte-parole parlementaire de SYRIZA, chef de la mouvance gauche au parti d’Alexis Tsipras et lui-même élu du Pirée, a proposé l’idée d’un referendum qui serait organisé par l’ensemble des communes du secteur sous l’impulsion également du tissu associatif, car “la population doit s’exprimer et barrer la route à cette privatisation sauvage, lors contraire aux intérêts de tous, hormis de ceux des rapaces internationaux”.
Les Troïkans sont à Athènes, ils exigent alors du sang social, des suppressions de postes, onze mille à prévoir dans la fonction publique, précise la presse de la semaine, et immanquablement... de la braderie généralisée et rapide. D’après le reportage du jour (radio 105,5 FM le 26 février), la part majoritaire (en actions) du port du Pirée encore détenue par l’État grec (?), est proposée pour un prix représentant les bénéfices d’après une seule année d’exploitation, tandis qu’au cœur même de l’UE, d’autres états, conservent toujours le contrôle de leurs ports.
Et pour bien noyer le poisson, le “gouvernement” aura même présenté en deux jours, deux versions distinctes de “son” projet mais ce n’est pas pour autant que le référendum de SYRIZA verra le jour. Car avant tout cela, il y a eu la mort subite de la radiotélévision publique ERT, la fin des Conventions collectives, le “régime de la disponibilité” rendu obligatoire pour de nombreux agents du public déjà et j’en passe, la liste est interminable depuis que notre régime politique tient tant de la parodie et du crime organisé. (...)
Cynisme et amertume. Comme pour ce qui est de la dite “gestion” du site de l’ancien aéroport d’Athènes à Ellinikon, près de la mer au Sud de l’agglomération, lui aussi sur le point d’être bradé. Les collectivités locales ainsi que les associations, dont celles des médecins solidaires qu’y demeurent pour l’instant et évidemment une majorité des habitants s’y opposent. (...)
à Athènes, un enseignant du privé, à l’image de milliers d’autres travailleurs de notre pays, saisit finalement la justice... puisque son employeur ne lui verse plus de salaire depuis trois ans. Un cas extrême au pays de la nouvelle... régularité, “offrant” aux travailleurs la “possibilité” de travailler gratuitement durant plusieurs mois, sous prétexte de crise et de chômage touchant la moitié de la population active en réalité. L’essentiel du mémorandum à été déjà accompli à travers notre... plus Grande Transformation.
Un patron athénien a même tabassé son employé lorsque ce dernier a osé le dénoncer auprès de l’Inspection du ministère du Travail... curieusement ce service n’a pas été complètement démantelé par les fanatiques du troïkanisme. Détail non sans importance, l’employé est un immigré, (reportage de la radio 105,5 le 25 février).