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"Ramenez nos filles", mobilisation grandissante pour les lycéennes nigérianes
Article mis en ligne le 6 mai 2014

Elles voulaient devenir professeures, médecins, avocates. C’est pour cela qu’elles étaient retournées dans ce pensionnat de Chibok, dans le nord du Nigéria, une région reculée en proie aux conflits. Un peu plus tôt dans l’année, le lycée avait fermé ses portes, par crainte des représailles des groupes armées qui sévissent dans la région. Ces mêmes groupes armés qui ont détruit cinquante écoles rien que l’année dernière. Qu’importe, elles voulaient être professeurs, médecins, avocates. Sont revenues pour passer leurs examens, donc. Mais à l’aube du 15 avril, un raid a arraché 276 jeunes filles à leurs familles. (...)

Trois semaines plus tard, ce lundi 5 mai, l’attaque a été revendiquée par la secte islamiste Boko Haram, sur laquelle tous les soupçons se portaient déjà. Un mouvement dont le nom signifie « l’éducation de l’Occident est impure ». Si une cinquantaine de lycéennes ont réussi à s’enfuir (deux d’entre elles témoignent dans le magazine Punch), plus de 200 seraient encore aux mains de leurs ravisseurs.

Mobilisation internationale

Depuis 3 semaines, la colère grandit au Nigéria face à l’apparente incapacité du gouvernement à résoudre cette crise, et ne serait-ce qu’à donner des informations sur son action. Des rassemblements quotidiens ont désormais lieu dans la capitale Abuja. Dimanche 4 mai, le président nigérian Goodluck Jonathan sortait de son silence pour affirmer son engagement. Tout en assurant avoir demandé de l’aide aux Etats-Unis, mais aussi à d’autres pays, dont la France, pour faire face aux « problèmes de sécurité » auquel il est confronté (car Boko Haram est aussi tenu pour responsable de récents attentats à la bombe dans la capitale). C’est que la pression s’est aussi, entre temps, accentuée à l’étranger.

276 fillettes portées disparues, c’est plus que le nombre de passagers du vol Malaysian Airline, rappellait samedi 3 mai l’influent éditorialiste du New-York Times Nicholas Kristof. (...)