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"Quelle orientation de l’école pour les élèves désorientés ?"
par Jacques BERNARDIN
Article mis en ligne le 26 décembre 2012
dernière modification le 21 décembre 2012

L’institution scolaire n’a pas cessé de jouer les centrifugeuses, renvoyant le traitement des difficultés à sa périphérie. Bien des dispositifs d’aide ont été imaginés, hors ou dans l’école, mais avec quels effets ? Les élèves décrochent sous la conjugaison d’une pluralité de facteurs : si le contexte socio-familial importe, l’expérience scolaire compte aussi. Et si demain, plutôt que de chercher à réparer le décrochage, on préparait mieux l’ « accrochage » ?

(...) On a multiplié les dispositifs d’aide jusqu’à saturer les élèves qui déjà, en avaient assez, comme le note l’IGEN en 2009[1] : c’est source de fatigue, on constate « une certaine saturation en matière de soutien scolaire entre l’AP et l’accompagnement éducatif » (p. 12) et l’effet est peu durable sur les apprentissages, notamment pour les plus en difficulté. On a aussi tenté de modifier les rythmes scolaires, avec les cours le matin et le sport l’après-midi. Selon la DEPP, les effets sont décevants : pas d’influence notable sur la ponctualité, les absences, les sanctions, pas plus que sur les capacités de concentration, d’attention, de mémorisation et d’efforts. Quant aux dispositifs relais, ils servent moins à remettre les élèves en selle qu’à se débarrasser des perturbateurs et voient leurs efforts ruinés quand rien n’est changé lors du retour dans l’établissement d’origine[2]. (...)

si c’est face à l’ordinaire des apprentissages que le problème se révèle, il faut avoir l’humilité d’en interroger les faiblesses. Autrement dit, viser la démocratisation exige moins de multiplier les formules compensatoires ou substitutives que d’interroger l’impensé autour duquel se jouent les destins scolaires : l’approche des contenus. (...)

Anticiper les obstacles, imaginer leur mise en scène dans une progressivité des sauts cognitifs : la préparation est essentielle mais pas moins que la conduite. Si la présentation de la situation permet d’en éclaircir l’enjeu, la véritable mobilisation s’opère dans l’activité, quand l’implication de chacun rencontre le point de vue des pairs. L’échange argumenté stimule le cheminement jusqu’à la résolution et la réussite est plus forte d’être partagée. L’important n’est pas tant le résultat que les moyens d’y parvenir : dévoilement des procédures, du travail intellectuel jusqu’alors insu dont tous les élèves profitent. Passage du faire au comprendre, moment essentiel de la prise de conscience qui est condition du transfert : tous y ont droit !