“En Europe, comme en France, adoptons enfin une grande politique abolitionniste en matière de prostitution et de traite des êtres humains !”
Eurodéputé-e-s français-e-s, nous avons soutenu et fait adopter le 26 février 2014 une résolution portant sur « la prostitution, l’exploitation sexuelle et leur impact sur l’égalité femmes-hommes ». Nous en sommes fier-e-s et convaincu-e-s : cette résolution fera date dans l’histoire progressiste européenne !
Tout d’abord, parce qu’en qualifiant la prostitution et son exploitation de « violations des droits humains contraires à la Charte européenne des droits fondamentaux » et d’obstacles à l’égalité entre les femmes et les hommes, le Parlement européen envoie un signal politique très fort là où les Etats membres apparaissent encore comme fortement divisés.
Ensuite parce que cette résolution pourrait contribuer à clore un cycle de quinze années de libéral-proxénétisme. (...)
C’est ici la troisième avancée majeure permise par cette résolution parlementaire : elle ouvre la voie à une profonde refonte de la politique européenne de lutte contre la traite des êtres humains. Suite à notre résolution du 26 février 2014, Europol a, pour la première fois, reconnu publiquement, au Parlement européen, que la traite des êtres humains augmentait particulièrement dans les pays qui avaient légalisé le « travail du sexe ». (...)
Nous saluons à cet égard la résolution adoptée le 8 avril 2014 par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Cette résolution reconnait en effet l’échec de la politique européenne de lutte contre la traite des êtres humains et recommande aux Etats membres d’ « envisager la criminalisation de l’achat de services sexuels, basée sur le modèle suédois, en tant qu’outil le plus efficace pour prévenir et lutter contre la traite d’êtres humains ».
Dans ce contexte, nous le disons avec force : la France a une opportunité et une responsabilité historiques de faire enfin aboutir le travail parlementaire de grande qualité mené de façon transpartisane depuis 2010 en la matière. L’adoption rapide d’une proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel et le soutien à ses victimes est non seulement une impérieuse exigence de justice et de soutien pour les victimes de cette exploitation des plus vulnérables, mais aussi une opportunité de réorienter la politique française et européenne de lutte contre la traite des êtres humains (...)