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Pouvoir viril face au pouvoir écoféministe
#femmes #feminisme #ecologie #ecofeminisme #virilisme
Article mis en ligne le 30 avril 2023
dernière modification le 29 avril 2023

Les attaques contre celles et ceux qui veulent protéger l’environnement se multiplient. Des femmes sont souvent en première ligne. Les gros bras inversent les discours en parlant d’écoterrorisme.

« Déviriliser la politique », « changer les codes du pouvoir » ces mots, prononcés par la députée verte Sandrine Rousseau lors d’une récente émission sur France info, ont bien sûr fâché beaucoup de monde. Elle affirmait qu’il était temps d’en finir avec « la figure des chefs autoritaires qui imposent et sortent conquérants », pour « aller vers la coopération, vers la discussion, vers l’échange, vers l’humilité ».

Des féministes, comme l’élue de Paris Raphaëlle Rémy-Leleu, ont dû assurer le service après-vente dans des médias très remontés contre celle qui est devenue leur bête noire depuis qu’elle parle de « déconstruire » cette virilité qui guide le monde (...)

Les appels féministes à déviriliser le pouvoir ne sont pas nouveaux mais ils ont du mal à se faire entendre, écrasés par le bruit de la virilité triomphante. Une virilité toxique qui s’exprime dans des actes et dans des discours.

Ces derniers mois ont été marqués par des attaques violentes de journalistes ou/et défenseures de l’environnement. Ce ne sont pas toujours des femmes qui sont visées mais très souvent. Des personnalités qui prônent l’information, le dialogue et l’action pour protéger la planète et la santé sont menacées, attaquées, objet de tentatives d’intimidation d’un autre temps. Et les gros bras qui attaquent sont rarement inquiétés.

Le 25 mars dernier, la journaliste Morgan Large a porté plainte, pour dénoncer le sabotage de sa voiture (...)

Morgan Large travaille notamment sur l’agro-industrie et sur les atteintes à l’environnement en Bretagne.

Elle avait porté plainte pour des faits identiques il y a deux ans. (...)

l’association Reporters sans frontières avait demandé une protection policière. Mais cette demande avait été refusée et la plainte classée sans suite. (...)

Lamya Essemlali, la présidente de Sea Shepherd France raconte qu’un dîner caritatif au profit de son association a été empêché par une trentaine de pêcheurs à Anglet (Pyrénées-Atlantiques). Deux bénévoles de cette association ont été passés à tabac et été sauvés par des caméras de surveillance remarquées par leurs agresseurs mais ils ont tout de même reçu dix jours d’incapacité totale de travail (ITT) et ont porté plainte. Le Monde raconte que des pêcheurs se rendent régulièrement au domicile de la présidente pour l’intimider. (...)

Pour protester contre les restrictions d’usage de l’eau d’irrigation et des pesticides, des membres de la FNSEA déversent du fumier, des déchets au domicile de certain.es militant.es écolo. Ils taguent des inscriptions sur leurs maisons. Et ne sont pas beaucoup inquiétés par la police. (...)

Dans les Alpes, à La Cluzaz, Valérie Paumier, fondatrice de « Resilience Montagne » a violemment été agressée verbalement par trois hommes, dont un élu, alors qu’elle se trouvait avec des amis dans un restaurant, raconte l’Obs .

Marine Tondelier affronte ces » justiciers » hors la loi (...)

« Ne venez pas chez nous, ça va mal se passer ! »… « Vous n’êtes pas la bienvenue, le territoire vous est hostile ! ». Le vocabulaire guerrier transpirait : « il n’y aura pas de trêve dans nos combats, nous veillons et veillerons dans notre fief ». Serge Bousquet-Cassagne avait été condamné il y a quelques mois à 10 mois de prison avec sursis pour avoir construit, dans l’illégalité, une retenue d’eau.

Mais le bonhomme n’est pas loin d’imposer sa loi. Quelques autorités locales, pourtant favorables à EELV, ont déconseillé à la représentante du parti de venir, craignant que des chasseurs ne se montrent très dangereux. Mais pas question ! (...)

Elle raconte qu’au téléphone, le matin de sa venue, le président de la chambre d’Agriculture, l’a menacée encore. Ses troupes déverseront du lisier dans la fontaine de Marmande près de la gare où Marine Tondelier devait arriver. La petite bande l’empêchera de se rendre à un « pole mère-enfant » menacé de fermeture. Et quand les gros bras comprendront qu’elle arrive vers l’endroit où ils se trouvent, nouvel accès de virilité : « si elle vient, elle a des couilles ». « Le tweet best-of de notre ami le Président de la Chambre d’agriculture » commentera Marine Tondelier.

Marine Tondelier a raconté les attaques et menaces sur Twitter.

A chaque étape, elle raconte qu’elle a été soutenue par des citoyen.nes plus nombreux mais moins bruyants que ceux qui portent la virilité toxique en étendard.

Mais le pouvoir écoféministe n’a pas gagné la partie. Les gros bras font toujours beaucoup de bruit et n’hésitent pas à pratiquer l’inversion de discours. Ils se prennent pour des justiciers quand ils attaquent les écologistes. Ils traitent ces écologistes de terroristes, d’écoterroristes et ce discours est parfois repris par des dirigeants politiques comme le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. La dévirilisation du pouvoir n’est pas gagnée.

Cette inversion de discours est l’une des grosses ficelles des dominants pour intimider celles qui voudraient adhérer aux idées féministes. Ils parlent de « féminazies », de « terrorisme féministe »… (...)