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Pourquoi si peu d’ouvriers dans les conseils municipaux ?
Article mis en ligne le 27 mars 2014
dernière modification le 24 mars 2014

Les ouvriers représentent le plus important groupe d’actifs dans les territoires ruraux. Ils sont pourtant très peu présents dans les conseils municipaux, et représenteraient moins de 5% des maires ruraux. Souvent exclus de la vie politique des grandes villes, les ouvriers sont aussi marginalisés de la vie municipale des communes rurales. Une situation qui s’aggrave avec le développement de la précarité. Entretien avec Julian Mischi, sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique. (...)

Traditionnellement, les petites communes ont été des lieux d’investissement pour les ouvriers, alors qu’ils sont souvent exclus de la vie politique des grandes villes. Néanmoins, ils sont aussi marginalisés de la vie municipale dans les communes rurales : les ouvriers représenteraient moins de 5% des maires ruraux ! L’éclatement du groupe ouvrier joue pour beaucoup. La complexité et la professionnalisation du rôle de l’élu influent également : ils siéent davantage aux cadres et au monde enseignant.

L’intercommunalité tend à tenir à distance les ouvriers, qui peuvent avoir le sentiment d’une incapacité à agir. Dans les années 1970, l’établissement de « municipalités ouvrières » était valorisé. Aujourd’hui, on veut des maires compétents pouvant faire valoir des diplômes ! La technicisation de la vie politique est aussi une façon de délégitimer l’engagement politique et associatif. Ces évolutions favorisent la position des cadres et professions intellectuelles supérieures au détriment des ouvriers et des employés, dans la vie municipale.

Il est également difficile pour cette catégorie de population de dégager suffisamment de « temps libre ». Les arrangements avec les employeurs, notamment sur de petites unités de travail, sont plus complexes à obtenir. Les « trois-huit » nuisent évidement à l’investissement, avec un taux de fatigue et de disponibilité peu compatible avec le rôle d’élu engagé. Les congés, les formations ou les demandes de disponibilités sont difficiles à obtenir. Et l’artisan ou l’industriel local aura plus de difficultés à admettre le pouvoir de l’ouvrier-maire de la commune, ouvrier qu’il emploie par ailleurs. (...)