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Kanaky : mort de l’indépendantiste Frédéric Grochain en prison, l’État colonial continue de tuer
#NouvelleCaledonie #Kanaky #CNCDH
Article mis en ligne le 20 février 2026
dernière modification le 17 février 2026

Le prisonnier Kanak de 31 ans est décédé en Bourgogne, à 17.000 kilomètres de ses proches faute de « suivi médical »

Frédéric Grochain, militant indépendantiste Kanak, avait été emprisonné après les soulèvements populaires de juin 2024 en Kanaky. Comme 80 autres personnes, il avait été déporté dans une prison en métropole, loin des siens. Il n’avait pas vu sa famille depuis 2 ans. Dans un dernier élan d’irrespect à sa mémoire, l’État français n’a même pas daigné en informer ses proches, qui ont appris sa mort par hasard le 9 février, soit 3 jours après son décès. (...)

Frédéric Grochain aurait pu rentrer chez lui au second semestre 2027, d’après son avocate. Les résultats de l’autopsie parviennent à la conclusion d’une mort naturelle, faute d’un « suivi médical » adapté. Des dizaines de militants Kanak sont encore en détention en France métropolitaine et risquent de graves séquelles psychologiques. Cette politique de déportation s’inscrit dans un continuum colonial plus large, celle de la domination française d’un archipel à l’autre bout du monde.
La colonisation française de la Kanaky, une anomalie de l’histoire (...)

Cette colonisation, extrêmement violente, fait partie de ces absurdités de l’histoire. Imaginez un territoire où, à chaque mouvement de contestation, l’État déploie un arsenal répressif impensable sur le continent européen. (...)

Pendant des décennies, les Kanak subissent des bouleversements majeurs dans leurs structures sociales et culturelles, mais ne cessent jamais d’exprimer leur résistance, que ce soit dans l’endurance à faire perdurer un système traditionnel et un patrimoine culturel millénaire, l’habileté à s’organiser politiquement, et la détermination lors des diverses révoltes et affrontements qui ont secoué le territoire depuis son « annexion » à la France.

Mais chaque soulèvement est cruellement réprimé, loin des regards, dans des conditions plus dures que dans l’Hexagone. En 2024, au moins 11 Kanak sont tombés sous les balles de la gendarmerie ou des colons lors de la révolte. Le décès de Frédéric Grochain s’inscrit dans cet héritage colonial de négation du droit d’un peuple à l’autodétermination.