Plus de 2 000 exilés, originaires d’Afrique subsaharienne, ont tenté vendredi matin de pénétrer à Melilla, au nord du Maroc. Au moins 130 migrants sont parvenus à entrer dans l’enclave espagnole, selon les autorités locales. Plusieurs personnes ont été blessées lors de cet assaut, chez les exilés comme chez les policiers.
Vers 6h40 vendredi 24 juin, "un groupe de migrants formé par plus de 2 000 personnes" s’approchant de la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Melilla a été repéré par les forces de l’ordre espagnoles, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la préfecture.
L’alarme anti-intrusion de la Garde civile a alors été activée et un vaste dispositif de policiers marocains et espagnols a été déployé. L’armée espagnole est également arrivée en renfort.
Des pierres contre des gaz lacrymogènes
Selon la presse espagnole, les exilés étaient équipés de pierres et de marteaux. Les policiers ont répondu à cet assaut par la force. Les autorités ont utilisé du matériel anti-émeute et ont lancé des gaz lacrymogènes en direction du groupe. "Nous avons entendu des coups de feu", explique à InfoMigrants un Soudanais qui vit à Melilla depuis plusieurs semaines. "Les forces de sécurité des deux côtés ont battu les migrants avec des matraques", ajoute le jeune homme. (...)
Des affrontements observés ces derniers jours entre policiers marocains et migrants
Depuis plusieurs jours, la tension est à son comble dans la région. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des affrontements entre policiers marocains et exilés ont été observés, selon l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH). Le week-end dernier déjà, des violences inédites par leur ampleur ont éclaté entre les autorités marocaines et des migrants, qui tentent de survivre en pleine nature dans le mont Gourougou, non loin de la frontière entre le Maroc et l’Espagne. De la tôle, des bâches et des planches de bois pour seul abri, ils restent là en attendant de pouvoir, un jour, escalader la barrière de Melilla, longue de 12 km.
Depuis que la brouille diplomatique entre Madrid et Rabat s’est dissipée, "la répression est partout" dans le royaume, a déclaré Omar Naji de l’AMDH. Les exilés se disent traqués par les autorités, au nord mais aussi plus au sud vers Laayoune où les migrants sont la cible de vagues d’arrestations. C’est depuis cette ville que les embarcations prennent la mer vers les Canaries. (...)