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le Monde Diplomatique
Pire que l’autre, la nouvelle science économique
Article mis en ligne le 4 février 2014
dernière modification le 1er février 2014

Longtemps, les économistes classiques ont élaboré leurs modèles comme si les humains étaient des machines à calculer. Echec. Nourrie de psychologie, l’économie dite comportementale étudie donc nos réactions et nos décisions afin de les anticiper. Et de les influencer par des incitations subtiles. Il suffirait en effet d’un simple coup de pouce pour remettre travailleurs et consommateurs sur le droit chemin.

Cette école, tout en restant compatible avec la plupart des postulats de la science économique orthodoxe, incorpore les enseignements de la psychologie comportementale. C’est pourquoi de nombreux économistes néoclassiques misent sur elle pour redorer le blason de l’ensemble de la profession. M. Jean-Claude Trichet, l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), les y encourage : « La principale leçon que je tire de notre expérience est qu’il est dangereux de dépendre d’un seul outil, déclarait-il lors d’une conférence de la BCE en 2010. Nous devons développer des outils complémentaires pour améliorer la robustesse de notre cadre. Pour commencer, nous devons réfléchir à la manière dont on caractérise l’Homo œconomicus au cœur de tout modèle. (…) La behavioral economics s’appuie sur la psychologie pour expliquer les décisions prises dans un contexte de crise. » M. Trichet omettait de dire que, traduite en termes politiques, cette théorie pourrait s’avérer plus dangereuse encore que celle dont elle prétend corriger les erreurs. (...)