L’immense majorité des crimes et délits sont commis par des hommes, rappelle l’historienne Lucile Peytavin ; laquelle, en calculant le coût pour l’État de cette violence masculine, interroge l’impact de l’éducation genrée sur la société. Explications.
Votre livre cible la “virilité”. Comment la définissez-vous ?
Je suis revenue à l’étymologie du mot. En sanskrit, le terme signifie ”le héros”. La virilité est une notion qui rassemble les attributs de force, de puissance, et qui définit, dans nos sociétés, ce qu’est être un homme. Cette notion a été théorisée et valorisée depuis l’Antiquité. L’arc-boutant de la virilité, c’est la force, qui induit des démonstrations de domination, d’agressivité, de contrôle de son environnement ; et pousse les hommes vers des comportements délictuels et criminels – des comportements ”asociaux” – dans des proportions bien plus importantes que les femmes.
Comment peut-on définir le coût de la virilité ?
Je suis partie des statistiques des ministères de l’Intérieur et de la Justice, selon lesquelles l’immense majorité des faits de délinquance et de criminalité sont commis par des hommes. Ils constituent 83 % des mis·es en cause par la justice, 90 % des personnes condamnées. Ils sont surreprésentés dans toutes les catégories d’infraction, notamment les plus graves : 99 % des viols, 86 % des homicides, 84 % des accidents mortels sur la route, 85 % des vols avec violence… Or, tous ces comportements ont un coût. Un coût humain bien sûr, mais aussi un coût économique direct pour l’État, avec les frais de justice, de police, de santé, etc. Ils ont également un coût indirect, supporté par la société, lié aux souffrances physiques et psychologiques des victimes. (...)
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