Malala Yousafzai aurait-elle donné un nouvel élan à un antagonisme que l’Occident , héritier de l’ère coloniale, ressuscita au lendemain de l’intervention états-unienne en Afghanistan (octobre 2001) : celui qui porte sur le sort des femmes en terres musulmanes, en particulier sur leur difficile accès au savoir, clé de voute de toute sujétion (pour emprunter un cliché sur lequel nous reviendrons) ? Le discours de l’adolescente, dont le nom de famille témoigne de l’appartenance à l’une des branches - les Dalokhel Yousafzai - d’un clan (ou tribu) - les Yousafzai – puissant au sein duquel les hommes sont traditionnellement détenteurs du savoir, est aujourd’hui l’enjeu d’une polémique qui assombrit la bataille dont Malala semble chercher à se présenter, sinon comme l’unique, du moins comme la principale représentante.
Il y a donc lieu de revenir sur l’attentat dont cette jeune pakistanaise fut la victime puis sur le discours qu’elle a aujourd’hui adopté, proposant aussi une recension du livre qu’elle publia au début du mois d’octobre 2013 avec le soutien d’une journaliste britannique - Christina Lamb - dont les méthodes de travail sont, en République Islamique du Pakistan, sujette à controverse.