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Menacée et harcelée, Cécile Duflot contrainte de quitter Twitter
Article mis en ligne le 6 décembre 2020

Victime de harcèlement sur les réseaux sociaux depuis trois ans, l’ancienne ministre fuit un réseau social « pour un temps ». Ravage de la « culture du viol »

Cécile Duflot, aujourd’hui directrice générale d’Oxfam France, a annoncé sur Twitter qu’elle quittait le réseau social « pour un temps ». Elle est victime de harcèlement depuis 3 ans par un inconnu. Un inconnu qui a déjà été condamné et emprisonné, ce qui ne l’empêche pas de revenir à la charge, tout en s’auto-justifiant. Sa principale excuse, sans surprise, c’est que la responsabilité incombe à l’ancienne ministre. « Vous êtes une nana donc il est normal que si vous portez une robe, vous vous fassiez siffler. »… Il affirme dans sa « lettre » que Cécile Duflot aurait accepté d’avoir une relation avec lui. Car, considère-t-il, notoriété publique signifie consentement pour une femme. « Et si vous ne vouliez pas que j’ai de sentiments pour vous, il ne fallait pas faire de politique, il ne fallait pas faire un métier qui fait que vous avez une notoriété publique. » écrit-il.

D’après France Info, l’homme âgé d’une vingtaine d’année harcèle Cécile Duflot au travers de messages, ou en contactant ses proches et son employeur. Il a déjà été condamné trois fois et incarcéré quelques mois. L’avocat de l’ancienne ministre, Me Tewfik Bouzenoune ajoute : « dès sa sortie, (il) a repris le harcèlement avec un crescendo dans la violence (des propos). On est passé du harcèlement aux menaces de mort ». Une nouvelle plainte a été déposée.

Cécile Duflot, qui a expliqué son calvaire sur twitter, pointe par ailleurs la responsabilité de certains médias, comme Le Parisien qui définit ce harceleur comme un « amoureux », son « amour fou qui l’a conduit en prison ». Un classique de la culture du viol (...)

Voici comment celui qui est qualifié d’« amoureux » s’exprime, avec ses mots (et ses fautes) : « Vous avez tellement le cerveau cramé par votre propagande féministe que vous étés incapable de faire la différence entre un violeur/agresseur et un gars qui vous drague parce qu’il vous aime et qu’il veut se marier avec vous. »

La culture du viol est tellement puissante, qu’une femme comme Cécile Duflot, ancienne ministre qui a pourtant le cuir épais, est très affectée (...)

La décision de Cécile Duflot de quitter les réseaux sociaux a été prise le jour où Anne Sylvestre s’en est allée en laissant ses mots, qui font tristement écho, dans la chanson Juste une femme : « Il y peut rien si ça l’excite, Et qu’est-ce qu’elle a cette hypocrite ? Elle devrait se sentir flattée, Qu’on s’intéresse à sa beauté, Mais c’est pas grave, C’est juste une femme ». un texte qu’elle écrivait en 2013 au moment de l’affaire DSK

Sur les réseaux sociaux, l’ancienne ministre a reçu une cascade de messages de soutiens d’amies mais aussi d’adversaires politiques, plutôt des femmes et en particulier des femmes publiques. L’élue EELV Raphaëlle Rémy-Leleu invite à en tirer des leçons : amplifier le mouvement de solidarité autour des victimes et regarder en face le patriarcat… Sans le passer au tamis de l’immunité amoureuse.