Le collectif Plus jamais ça a été fondé en mars 2012 par de jeunes Maliens, parmi lesquels le rappeur Amkoullel, pour défendre leur démocratie après le coup d’Etat militaire d’Amadou Sanogo. Comme au Sénégal avec le mouvement citoyen Y en a marre, au Burkina avec le Balai citoyen, ce groupe issu de la société civile veille au grain, avec d’autres au Mali.
Il a adressé une lettre ouverte fin octobre au président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) pour le mettre en garde sur les niveaux atteints par la corruption sous son régime. Les scandales se suivent, importants : liens présumés du Président avec le mafieux corse Michel Tomi, qui a pignon sur rue à Bamako, surfacturation dans des contrats d’armement passés de gré à gré, achat d’un avion présidentiel (Boeing 737) alors que la présidence a déjà un Boeing 727...
Le FMI a tapé du poing sur la table et suspendu son aide au Mali en juin. Le bureau du Vérificateur général des comptes, une institution respectée au Mali pour son efficacité, vient de rendre un rapport accablant.
Birama Konaré, 32 ans, patron d’une agence de communication à Bamako et fils d’Alpha Oumar Konaré, premier Président démocratiquement élu du Mali (en 2002 et en 2007), s’exprime au nom du collectif Plus jamais ça, dont il a été l’un des fondateurs. Il tire l’alarme. (...)
Nous allons vers une phase de résistance citoyenne. Nous voulons que le pouvoir réagisse. Sinon, on va l’y obliger. On veut que les ministres fautifs soient poursuivis. C’est de l’argent jeté par les fenêtres, ces contrats d’armement. D’autres contrats ont été passés de gré à gré alors qu’il existe un code des marchés publics. Des contrats ont été confiés à des sociétés qui viennent de voir le jour. (...)
La situation ne peut pas rester en l’état. Il y aura un prix un payer, pour nous tous. Nous allons donc publier et expliquer le rapport du Vérificateur général des comptes. C’est un document de 240 pages que nous allons expliquer au public, sous forme de dépliants que nous distribuerons dans des rencontres publiques.
Nous allons aussi nous exprimer à la radio. Et faire des affiches avec certaines annexes du rapport, qui apportent des éléments de preuve. Nous voulons nous exprimer, parce qu’une autre crise viendra. Cette révolution populaire à laquelle on assiste au Burkina Faso viendra au Mali, si l’injustice continue, si les dirigeants ne nous respectent pas, s’ils sont là pour se remplir les poches !