Derrière le combat pour le maintien de la maternité des Lilas, des dizaines de sages-femmes, puéricultrices, médecins, qui se battent pour une cause commune : permettre aux femmes de disposer librement de leur corps. Rencontre.
Depuis juin dernier, avec l’ensemble de ses collègues médecins, auxiliaires de vie, sages-femmes, elle se bat pour que son lieu de travail, la maternité des Lilas, en Seine-Saint-Denis, reste ouvert. Elle rappelle que les ministres de la Santé et des Droits des femmes, Marisol Touraine et Najat Vallaud-Belkacem, « sont venues signer le panneau de la maternité (le 17 janvier 2013, NDLR) en affirmant qu’il fallait que cette maternité phare, qui se bat pour le droit des femmes depuis des décennies, ne soit pas fermée. »
Près de 40 ans après la proclamation de la loi Veil, relative au droit d’avorter, le temple des accouchements naturels et des interruptions volontaires de grossesse (IVG) en Ile-de-France est menacé de fermeture. (...)
« La majorité du déficit est due aux travaux qu’on a été obligé de faire sur demande de l’ARS », ironise la jeune femme de 28 ans. Avant d’ajouter, « C’est une structure vieille de plus de 50 ans. Les bâtiments ne permettent pas une complète rénovation, il faut changer d’endroit pour être en adéquation avec les nouvelles normes. »
La marche arrière de l’ARS, Pauline Coquet et les quelques 150 salariés de la maternité des Lilas la vivent comme une trahison. « On a des vidéos de François Hollande qui, avant d’être Président est venu et nous a dit : je prends date sur mon calendrier, je viendrai poser la première pierre du nouvel établissement. » Résultat : le Président de la République se fait toujours attendre puisque les travaux sont au point mort. A défaut de bâtir une nouvelle structure, l’ARS propose à l’établissement de déménager dans l’enceinte de l’hôpital de Montreuil. Face au refus du personnel médical, un moratoire du ministère de la Santé et de l’ARS est mis en place pour trouver une issue satisfaisante. Le verdict doit être rendu le 15 septembre.
Poser nue ? Une méthode comme une autre
C’est en guise de piqûre de rappel à ces belles promesses que Pauline et onze de ses collègues (onze sages-femmes, une gynécologue obstétricienne) ont fait le choix de poser nues dans un calendrier. « On a conscience que cette action peut être mal vue par certaines féministes. Mais c’est aussi parce qu’on vit pour une maternité qui se bat pour donner le droit aux femmes de disposer de leur corps qu’on a pris cette décision », explique la jeune femme.
Une opinion partagée par sa collègue Marie Lormier. Du haut de ses 25 ans, elle milite pour que les femmes puissent choisir librement leur accouchement. Le calendrier ? Une anecdote pour cette sage-femme en poste à la maternité des Lilas depuis deux ans et demi.
« Ce que l’on voulait avant tout, c’était ne pas être oubliées. Les échéances se rapprochent petit à petit et il fallait qu’on fasse le buzz, qu’on montre qu’on ne lâchera rien ». Pari réussi. (...)