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Marie-Claude Saliceti
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le Monde
Le « proxénétisme des cités », une filière d’un nouveau genre en pleine expansion
Article mis en ligne le 7 avril 2018

Cette filière de prostitution franco-française caractérisée par son amateurisme prospère à l’ombre des réseaux internationaux et enrôle des mineures.

Dans le secret de chambres d’hôtels du Val-de-Marne et de Paris, une demi-douzaine de filles étaient maintenues dans un état de « quasi-séquestration ». Elles recevaient chacune une dizaine de clients par jour pour le compte de proxénètes à peine plus âgés qu’elles.

Cinq hommes, aujourd’hui âgés de 25 à 33 ans, sont poursuivis pour avoir animé ce réseau de prostitution, en 2012. (...)

Lire ausdi : Prostitution : les cités, nouvel eldorado des proxénètes

Internet est le vecteur principal de cette criminalité, très lucrative, où les proxénètes sont à peine plus âgés que leurs victimes.

C’est le nouveau filondes délinquants de banlieue. Depuis 2014, le phénomène du proxénétisme des cités s’amplifie avec une inquiétante régularité comme l’ont illustré plusieurs affaires emblématiques à Paris, Lille (Nord) et Marseille (Bouches-du-Rhône). L’exploitation sexuelle de jeunes filles en perte de repères est une activité lucrative qui demande beaucoup moins de moyens que le trafic de drogue. « Pour organiser la vente des stupéfiants, il faut une logistique, un apport financier, un réseau et des complices, précise Jean-Marc Droguet, le patron de l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH). Alors qu’avec deux filles et une réservation d’hôtel, ils peuvent immédiatement encaisser de l’argent. (...)

« Nous sommes passés de quelques cas en 2014, à 21 affaires en 2015, puis 48 affaires en 2016. Sur les premiers mois de 2017, nous avons déjà une vingtaine d’affaires », détaille Jean-Marc Droguet. Cette prostitution dite de cités représenterait 14% des victimes identifiées des proxénètes sur le territoire national en 2016. 56 % d’entre elles étaient mineures. Et les statistiques sont encore plus implacables en région parisienne. « Ce qui a créé ce nouveau phénomène, c’est l’émergence d’Internet », explique Paul-José Valette, le chef de la sûreté départementale des Yvelines qui traite de nombreux dossiers de ce type.

Des macs violents et sans pitié
Les nouveaux proxénètes des banlieues sont jeunes et déjà ancrés dans la délinquance. Agés de 18 à 25 ans, ils recrutent leurs victimes, entre 14 à 25 ans, dans leurs quartiers et sur les réseaux sociaux. (...)