Née le 1er octobre 1936 à Marseille, Antoinette Fouque est décédée ce jeudi 20 février, à l’âge de 77 ans. Les hommages se sont succédés, saluant une vie de combats pour les droits des femmes et le respect de leurs libertés. Elle participe aux actions du Mouvement de Libération des Femmes dans les années 1970, avant de structurer - s’approprier, soulignent certains - l’organisation.
L’engagement d’Antoinette Fouque pour la défense des droits des femmes n’aurait probablement pas eu la même ampleur sans sa rencontre avec Monique Wittig, décisive, et la naissance de sa propre fille, en 1964. La jeune femme prend alors conscience des obstacles et difficultés qui se dressent dans l’existence des femmes françaises, malgré une époque qui valorise l’accomplissement personnel.
Fouque propose un pendant féminin à la théorie phallique de la libido, théorisée par Freud et vue comme un modèle central en psychanalyse. Aidée par Jacques Lacan, elle pratique la psychanalyse et s’exile aux États-Unis et au Canada pour suivre des patients en 1969. La théorie qu’elle a développée sera au centre de son premier ouvrage, Il y a deux sexes : essais de féminologie. 1989 - 1995, publié par Gallimard en 1995. (...)
Lectrice aux éditions du Seuil, mais également impliquée dans les publications Le Quotidien des Femmes et Des femmes en mouvements, elle a fondé en 1972 les Éditions des femmes, qui sont toujours actives aujourd’hui. Antoinette Fouque se montrait encore très critique vis-à-vis de l’appellation « féminisme », qu’elle associait à une « servitude volontaire que font certaines pour s’adapter au journal Elle ou à d’autres ».