Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Basta !
« On reconnaît les méthodes des harceleurs » : des cheminotes aident les victimes de la SNCF
#SNCF #femmes #violencessexistes #violencessexuelles #StopHarcelementFerroviaire
Article mis en ligne le 22 janvier 2026

Dégoûtées par le traitement des affaires de harcèlement sexuel ou moral au sein de la SNCF, deux cheminotes ont créé, en 2022, l’association Stop harcèlement ferroviaire. Elles recueillent la parole de leurs collègues et les aident face à l’entreprise.

La première est chargée d’études, la seconde est juriste. Avec respectivement 25 et 27 années de travail à la SNCF au compteur, Christine Salque et Valéria Peix sont les deux cheminotes à l’origine de l’association Stop harcèlement ferroviaire. Depuis 2022, elles (...) recueillent la parole de leurs collègues et les soutiennent dans leurs démarches auprès de leur employeur, voire, les aident à mener des actions en justice.
portrait d’une femme souriante, les bras croisés.
La cheminote Valéria Peix, cofondatrice du collectif Stop harcèlement ferroviaire.
©DR

Basta ! : Pourquoi avoir créé l’association Stop harcèlement ferroviaire ?

Christine Salque : Au cours de ma carrière, pendant six ans, j’ai formé des centaines d’élus et de militants syndicaux de l’Unsa-Ferroviaire aux risques psychosociaux. (...)

Depuis la création de l’association, nous avons suivi quinze à vingt personnes par an. Parfois, on tombe sur des responsables RH très réactifs, et ça se règle, mais c’est très rare. Nous n’intervenons pas seulement sur des cas de violences sexistes et sexuelles, mais sur tout type de harcèlement. D’ailleurs, en 2025, sur les dix-huit personnes qui nous ont contactées, il y avait plus d’hommes que de femmes. (...)

Ayant supporté cela nous même, on en a l’expérience. On reconnaît les méthodes des harceleurs : le travail de sape, le discrédit jeté sur la victime, on ne lui communique plus les informations, on ne l’invite plus aux réunions. Surtout, on fait comprendre aux autres que s’ils sont proches de la victime, ils vont avoir des problèmes. Et personne ne veut de problèmes.

Et le harcèlement sexuel peut venir s’ajouter à ces situations de harcèlement moral ?

Valéria Peix : Le harcèlement sexuel est aussi une relation de pouvoir. Cela peut passer par des gestes très discrets : des regards concupiscents, des effleurements… Mon ancien directeur me caressait discrètement la main, personne ne le voyait.

Le harceleur se débrouille pour être constamment présent dans votre quotidien, débarquer à l’improviste dans un bureau, donner une impression de surveillance et de contrôle. Il y a aussi des mots, des discours glissants, des sous-entendus. (...)

Le harcèlement et les discriminations sont du domaine d’expertise du Défenseur des droits. Alors qu’on a parfois l’impression que les recours en interne à la SCNF ou les plaintes sont mal traités, le Défenseur des droits creuse jusque dans le droit européen et va loin quand il rend une décision.

Il n’a pas les moyens de condamner mais il envoie des recommandations et des rappels à l’ordre à l’employeur. Il peut aussi jouer un rôle de médiateur. Surtout, si vous arrivez à produire un rapport du Défenseur des droits en votre faveur lors d’une audience en justice, c’est une pièce forte.