Les avortements non médicalisés représentent 45 % des interruptions de grossesse dans le monde* et sont responsables d’au moins un décès maternel sur douze. Alors que des progrès significatifs ont été réalisés dans les principales causes de mortalité maternelle, l’avortement non médicalisé - la seule cause presque totalement évitable - reste largement ignoré. (...)
Ces femmes consultent du personnel non qualifié, achètent des médicaments au marché noir, ou tentent parfois d’avorter elles-mêmes. Dans tous les cas, ces pratiques fréquentes sont dangereuses, souvent inefficaces et peuvent causer de nombreux dommages, comme des hémorragies, des septicémies, des empoisonnements, des perforations utérines ou des lésions touchant des organes internes. (...)
Restrictions juridiques concernant l’avortement
Contrairement à une idée répandue, les restrictions légales influent peu sur le nombre d’avortements. En revanche, plus l’accès à l’avortement est restreint, plus il risque d’être dangereux. Lorsque l’avortement est légal et que des services médicaux sont disponibles, le nombre de décès et d’invalidités en résultant est considérablement réduit.
Face à l’évidence, certains pays ont reconsidéré leurs lois. C’est le cas de la République démocratique du Congo, pour les victimes de violences sexuelles ou les femmes qui présentent une grossesse à risque (2018) et du Mozambique (2014).
Pourtant, même dans des contextes où le cadre législatif autorise les femmes à interrompre une grossesse non désirée, les obstacles restent nombreux. Ainsi les réticences du personnel médical, quand elles sont massives à l’échelle d’un hôpital par exemple, peuvent aboutir à un refus de soin, comme les équipes MSF ont pu le constater dans certaines villes de Colombie, où l’avortement est pourtant dépénalisé depuis 12 ans. (...)
Les entraves peuvent également être d’ordre administratif. À Athènes, où MSF aide des migrantes, des demandeuses d’asile et des réfugiées à accéder à des interruptions de grossesse médicalisées dans le système de santé publique, les femmes doivent s’inscrire sur une liste d’attente de plus de quatre semaines, uniquement pour obtenir un premier rendez-vous, auquel succèdent d’autres rendez-vous avec des professionnels de santé, en particulier des médecins. Certaines patientes rencontrent d’autres obstacles, car elles n’ont pas leur carte de sécurité sociale par exemple, ou ne sont pas assistées par un traducteur pendant la consultation. (...)
En Grèce, la limite légale est fixée à douze semaines de grossesse, donc les femmes doivent entreprendre une véritable course contre la montre pour pouvoir mettre un terme à leur grossesse, en raison des nombreux obstacles sur leur parcours.
Permettre l’accès à l’avortement médicalisé (...)