Des attaques contre des écoles, visant notamment la scolarisation des filles, ont été recensées dans 70 pays ces 5 dernières années.
« Les attaques contre les filles accédant à l’éducation persistent et semblent se produire dans certains pays avec une régularité croissante ». C’est le constat que dresse le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, dans un rapport publié lundi 9 février (ici en anglais).
« Bien que des progrès importants aient été réalisés pour garantir l’éducation pour tous dans de nombreux pays », des attaques contre des écoles ont eu lieu dans au moins 70 pays au cours des cinq dernières années. Rien qu’en 2012, ce sont 3 600 cas qui ont été recensés. Nombre de ces attaques visaient en particulier des filles, leurs familles ou des enseignants plaidant pour l’égalité des sexes en matière d’éducation.
Du Pakistan au Nigéria
Le rapport cite entre autres exemples les nombreux cas d’empoisonnement et d’attaques à l’acide contre des écolières en Afghanistan entre 2012 et 2014 ; des filles forcées d’abandonner l’école en Somalie pour devenir des ’épouses’ de combattants d’Al-Shabaab en 2010 ; l’enlèvement et le viol de filles dans une école chrétienne en Inde en juillet 2013 ; l’enlèvement de près de 300 écolières en avril 2014 par le groupe Boko Haram dans le nord du Nigéria (Voir : Nigéria : les lycéennes de Chibok... et les autres) ; ou l’attaque en 2012 contre Malala Yousafzai par des Taliban au Pakistan.
Et c’est elle que le rapport cite en conclusion : « Prenons en main nos livres et nos stylos... Ce sont nos armes les plus puissantes. Un enfant, un enseignant, un livre et un stylo peuvent changer le monde ».
Malala Yousafzai, qui a reçu depuis le prix Nobel de la Paix, a d’ailleurs lancé samedi 7 février un nouvel appel à l’action pour la libération des lycéennes nigérianes, 300 jours après leur enlèvement. « Les responsables nigérians et la communauté internationale peuvent et doivent faire bien davantage pour résoudre cette crise ».
Tentatives de conserver les structures de hiérarchie
Dans certaines situations, les attaques sont motivées par le désir explicite de refuser aux filles une éducation ; dans d’autres elles reflètent la violence subie par les filles et les femmes dans tous les domaines de leur vie publique et privée, note le rapport.
Ainsi, « des attaques impliquant des violences sexuelles contre des enseignants et des filles dans des établissements d’enseignement ou lors du trajet pour s’y rendre ont été signalés en République démocratique du Congo, au El Salvador, en Haïti, en Indonésie, en Iraq, au Mali, au Myanmar, aux Philippines et en Syrie ».
Les causes de ces violences sont profondément ancrées dans les représentations stéréotypées des rôles dévolus par la société aux femmes et aux filles et dans les tentatives de conserver les structures de hiérarchie et de pouvoir, note Veronica Birga, responsable des droits des femmes pour le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme. (...)