Un décret signé la semaine dernière vient enfin criminaliser le harcèlement sexuel sous toutes ses formes. Mais place Tahrir de nouvelles agressions choquantes ont eu lieu dimanche.
Le fléau des agressions sexuelles aura marqué l’arrivée à la présidence d’Abdel Fattah al-Sissi. A peine entré en fonctions, le nouveau chef de l’État égyptien a indiqué mardi 10 juin avoir demandé au ministère de l’Intérieur d’« appliquer la loi avec vigueur et de prendre toutes les mesures nécessaires pour combattre les agressions sexuelles ».
Cette prise de position intervient alors que plusieurs actes de violence sexuelle ont été relevés sur la place Tahrir du Caire, dimanche 8 juin, lors d’un rassemblement massif à l’occasion de l’investiture du nouveau président. (...)
Au moins 10 agressions ont été rapportées à l’organisation ’I saw harassment’ (’Témoin de harcèlement’). L’une d’elles, particulièrement violente, a été filmée et a suscité l’indignation sur les réseaux sociaux : elle montre plusieurs assaillants s’en prenant à une jeune fille dénudée. Sept personnes ont été arrêtées, mais les critiques sont vives contre le manque de réaction des forces de l’ordre.
Une autre vidéo est devenue virale, rapporte le site Egyptian Streets. En direct depuis la place Tahrir, la correspondante de la chaîne Tahrir Channel évoque ces nombreuses agressions sexuelles. Mais le présentateur en plateau la coupe : « Les gens sont heureux ! » - Il a par la suite présenté ses excuses pour cette remarque.
Des actes enfin pris en compte par la loi
Quelques jours plus tôt, un progrès dans les textes avait pourtant été enregistré. Jeudi 5 juin, avant de passer la main, le président égyptien par intérim Adly Mansour signait un décret faisant du harcèlement sexuel un délit. Le harcèlement sexuel n’était jusque là pas défini dans la loi égyptienne. Il est désormais défini comme tout geste, parole ou acte à caractère sexuel ou pornographique. Et l’acte est passible d’une peine minimum de 6 mois de prison et/ou 700 dollars d’amende. S’il est répété la peine peut aller jusqu’à 2 ans de prison. Et jusqu’à 5 ans si le coupable a abusé de son autorité.
C’est un pas en avant, mais largement insuffisant, (...)