le leader italien d’extrême droite Matteo Salvini, en campagne pour les législatives du 25 septembre, a défendu jeudi sa politique antimigrants sur l’île italienne, qui continue d’enregistrer des milliers d’arrivées.
(...) Jeudi matin, des centaines de migrants avaient été évacués pour être acheminés vers la Sicile en bateau, Salvini accusant les autorités de vouloir les "cacher" avant son arrivée.
Le sénateur italien a fait de l’arrêt de l’immigration et de la fermeture des frontières aux clandestins la pierre angulaire de son programme. Lampedusa, territoire italien le plus méridional, est régulièrement au coeur des débats sur les enjeux migratoires en Italie.
La Lega se présente aux législatives du 25 septembre avec ses alliés Forza Italia (droite), et Fratelli d’Italia (nationaliste). Leur alliance est donnée favorite face à une gauche fragmentée.
"Abandonnés"
Alors qu’il était ministre de l’Intérieur en 2019, Salvini a empêché plusieurs navires humanitaires transportant des migrants de débarquer en Italie.
Cette décision lui vaut des poursuites en Sicile pour séquestration et abus de pouvoir. Un procès dont il a fait une tribune politique. (...)
Les sondages suggèrent que l’immigration est moins une préoccupation pour les Italiens que les questions économiques, avec la forte inflation qui pèse sur le pouvoir d’achat et les factures énergétiques.
Si l’alliance de droite est favorite, Salvini et sa Lega sont à la traîne dans les enquêtes d’opinion. Le parti Fratelli d’Italia dirigé par Giorgia Meloni, qui appelle également à un "blocus naval" pour endiguer les arrivées de migrants en Méditerranée, a pris les devants.
La petite ville de Lampedusa est réputée pour ses magnifiques plages mais sa situation plus proche de la Tunisie que de la Sicile l’a placée en première ligne de la migration vers l’Europe.
Sur place, nombre d’habitants se plaignent du manque de services publics, à commencer par les infrastructures sanitaires, malgré les visites régulières de responsables politiques.
"Rien n’a changé, c’est toujours la même musique", déplore Salvatore Maggiore, fleuriste de 47 ans. Il regrette que les promesses ne soient "jamais tenues". "Nous sommes abandonnés par l’Etat". (...)
Les ONG SOS Méditerranée, Médecins sans frontières (MSF) et Sea-Watch ont secouru plus de 1.000 personnes en mer ces derniers jours. (...)
Dans une déclaration conjointe diffusée mercredi, les ONG ont appelé l’UE à reprendre ses activités de recherche et de secours pour les aider à répondre à l’afflux de migrants.
L’UE a mis fin à son opération controversée de lutte contre le trafic d’êtres humains en Méditerranée en 2020, la remplaçant par l’opération Irini sur le maintien de l’embargo des Nations unies sur les armes à destination de la Libye.
"La suppression des moyens européens de recherche et de sauvetage (...) s’est avérée meurtrière et inefficace pour prévenir les traversées dangereuses", a regretté Xavier Lauth, directeur des opérations de SOS Méditerranée.