« Un féminisme non pas contre, mais avec l’Islam – et pourquoi pas ? ». Cette formule de Christine Delphy [1] peut résumer la démarche des femmes musulmanes, voilées ou non, qui, comme Ismahane Chouder ou Malika Latrèche, se retrouvent avec des « non-musulmanes » au sein du Collectif des féministes pour l’égalité.
A l’occasion des dix ans de la loi d’exclusion du 15 mars 2004, nous republions une discussion à trois voix – extraite du recueil Les filles voilées parlent – dans laquelle trois présidentes successives du collectif, Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Cecilia Baeza (« non-musulmane, mais souvent prise à partie comme ‘islamogauchiste’ ou comme ‘chienne de garde des voilées’ ») nous racontent les épisodes tantôt douloureux, tantôt cocasses, souvent les deux ensemble, qui ont accompagné l’émergence de ce nouveau mouvement féministe. Nouveau parce que récent, et composé de femmes souvent jeunes, mais pas au sens d’une table rase : le collectif regroupe aussi des « anciennes » de la lutte des femmes, et il puise aux sources des grands combats féministes du passé – à commencer par un célèbre slogan : « Mon corps m’appartient ! ». (...)
Deuxième partie : La Journée mondiale des femmes du 29 mai 2005 à Marseille