Quatre Afghans condamnés en 2021 à dix ans de prison pour l’incendie du camp de migrants de Lesbos en 2020, seront rejugés à partir de mercredi en Grèce. La défense avait qualifié leur premier procès de "parodie de justice" face à la légèreté des preuves.
(...) Deux autres migrants mineurs avaient également été condamnés à cinq de prison dans un procès distinct. Eux aussi ont fait appel.
"Zones d’ombres"
La défense attend avec impatience cette nouvelle étape judiciaire après un premier procès qualifié de "parodie de justice". "Toutes les accusations sont basées sur le témoignage d’un demandeur d’asile qui n’a jamais été retrouvé", et qui n’était donc pas présent lors du premier procès, indique Marion Bouchetel, avocate membre du Legal center Lesvos. Et d’ajouter que "ce témoignage comporte un certain nombre de zones d’ombres".
"Le témoin n’a pu fournir que des prénoms aux enquêteurs et c’est là-dessus qu’ils se sont appuyés pour rendre leurs conclusions au juge, sachant que dans ce camp où vivaient 20 000 personnes, il y avait de nombreuses personnes avec le même prénom", complète Me Aggelidou. Enfin, "les quinze autres témoins à charge présents à l’audience de juin 2021 n’ont pas identifié les quatre accusés".
Lors du premier procès, l’accès avait été refusé aux journalistes mais aussi aux observateurs juridiques et à un représentant du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). (...)