C’est une pratique courante de la justice grecque, qui a frappé fort ce jeudi : trois migrants ont été condamnés à de très lourdes peines de prison pour avoir "facilité l’entrée illégale" d’exilés sur le territoire grec. Ils faisaient partie des survivants d’un important naufrage, survenu en décembre 2021. À eux trois, leurs peines accumulées représentent 439 années de prison. Les ONG dénoncent, une nouvelle fois, un procès à charge.
Trois exilés syriens, Abdallah, Kheiraldin et Mohamad, ont été condamnés, jeudi 5 mai, à des peines très lourdes, représentant 439 années de prison accumulées, pour "aide à l’entrée illégale" sur le territoire grec. Tous trois se trouvaient sur une même embarcation, secourue après un naufrage au large de l’île de Paros, en décembre 2021.
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Dans leur défense, les trois Syriens ont témoigné avoir finalement refusé de conduire l’embarcation, jugée bien trop surchargée. Mais "ils ont été forcés par les passeurs turcs de prendre le contrôle du bateau, sous la menace d’une arme", affirmait l’un de leurs avocats, Alexandros Georgoulis. "Tous ont rapporté avoir été détenus dans une maison par des trafiquants turcs armés, jusqu’au départ de l’embarcation". (...)
L’ONG précise que le fait que des exilés pilotent leur embarcation est une "pratique courante" sur cette route maritime. Certains le font en contrepartie d’une somme moindre, d’autres y sont forcés, par les passeurs, au moment de l’embarquement.
"La folie des lois draconiennes de l’Europe forteresse"
Au cours du procès, "des proches ont confirmé leurs dires. Un expert a expliqué que ce ne sont pas les passeurs mais les migrants qui doivent diriger le bateau. Le témoin à charge, un officier de la police portuaire, ne s’est pas présenté", a décrit Borderline Europe en direct du tribunal.
Les réactions de la société civile et des ONG ayant suivi le procès ne se sont pas faites attendre. (...)