Un document amateur, tourné par un riverain et que nous diffusons, montre des images de migrants frappés à coups de matraque, de pied et de poing au visage.
La séquence est brève mais ultraviolente. Ces images inédites révélées par Le Parisien montrent les violences subies par plusieurs réfugiés lors de l’évacuation houleuse d’un squat, le 3 juin à Bagnolet (Seine-Saint-Denis).
Cette vidéo amateur prise par un riverain depuis sa fenêtre, et que nous diffusions, a depuis été versée à la procédure. Elle sera étudiée par la 18e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobigny. (...)
Le document ne figure pas dans le complément d’enquête menée par un officier de police judiciaire (OPJ) auprès des fonctionnaires présents le jour de l’évacuation.
La police a-t-elle caché ces images ?
Pourtant, il s’agissait bien, pour ce dernier, de réaliser « un album photographique des clichés les plus explicites pour comprendre les circonstances de l’interpellation des trois prévenus » qui devaient notamment comparaître mercredi pour « rébellion et incitation à la rébellion » contre des policiers — dont deux ont subi des blessures et plusieurs jours d’incapacité totale de travail. (...)
Et pour cause : les documents envoyés par les policiers présents lors de l’évacuation correspondent à « un montage vidéo compilant un certain nombre de « moments forts » de cette évacuation « et non du film complet de l’intervention, ce qui empêche d’accéder à une compréhension de la totalité de la scène », indique l’enquêteur sur procès-verbal.
Une situation « de plus en plus confuse »
Et la version policière ne mentionne pas la scène que nous diffusons. (...)
Avec une précision étonnante. Dans le dossier fourni par les fonctionnaires, le moment qui correspond aux images que nous diffusons « (est) particulièrement haché, précise l’enquêteur. (...)
Les avocats de la défense dénoncent un « montage » policier
Pour les avocats de la défense, « c’est clair : les effectifs sur place ont donc délibérément transmis un montage, sur lequel par ailleurs on ne voit aucune violence de la part des interpellés ». (...)
En attendant le renvoi du procès, le 13 mai, et le visionnage de cette vidéo par le tribunal, le contrôle judiciaire des trois prévenus a été levé.