L’ancienne secrétaire d’État à la Jeunesse et à la Vie associative sous Nicolas Sarkozy profite de sa liberté de parole pour poursuivre la lutte contre les inégalités entre hommes et femmes. Avocate au sein du cabinet Mayer Brown, à Paris, la Castelroussine fait partie de ces femmes politiques qui, à force de prises de position, s’attirent la foudre des adversaires ou amis. Pour Les Oubliés de l’Actu, elle n’en démord pas et continue à cibler l’impuissance politique sur certains sujets délicats.
"Une femme meurt tous les jours de coups portés par son conjoint". D’emblée, Jeannette Bougrab plante le décor constatant la longueur du chemin à parcourir sur les violences envers les femmes. Cible privilégiée de moult critiques, la native de Châteauroux, dans l’Indre, n’a pas peur des mots. Elle est féministe et l’assume. "Quand on est issue d’une famille comme la mienne avec une mère mariée à l’âge de 13 ans, c’est normal, estime l’avocate, j’ai envie de redonner ce que j’ai reçu et de me battre pour les autres".
"En France, on ne parle pas de femmes comme Malala par peur de stigmatiser l’islam " (...)
Ancienne présidente de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, plus connue sous le nom de Halde, elle a surtout pris la tête du secrétariat d’État à la Jeunesse et à la Vie associative dès novembre 2010. Rapidement taxée de "caution arabe du gouvernement Fillon", la Castelroussine n’a jamais eu le loisir d’apprécier le tapis rouge. Fille de harkis, elle garde en tête le fait que la France a enfin "fait reconnaître l’abandon des harkis. C’était reconnaître la souffrance, la violence et l’injustice vécues par des gens comme mon père". Mais son combat principal demeure la lutte contre les inégalités entre hommes et femmes que ce soit dans l’Hexagone ou à l’étranger.
"Sachez que pendant cette interview, deux femmes vont mourir en Afghanistan car on leur refuse l’accès à un médecin, informe l’ex-politicienne, ce n’est pas une question propre à tel ou tel État, c’est quelque chose de commun à l’ensemble des sociétés occidentales ou orientale". Pour donner du volume à ce qu’elle évoque, Jeannette Bougrab prend pour exemple l’histoire de Malala au Pakistan. (...)
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Ancienne présidente de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, plus connue sous le nom de Halde, elle a surtout pris la tête du secrétariat d’État à la Jeunesse et à la Vie associative dès novembre 2010. Rapidement taxée de "caution arabe du gouvernement Fillon", la Castelroussine n’a jamais eu le loisir d’apprécier le tapis rouge. Fille de harkis, elle garde en tête le fait que la France a enfin "fait reconnaître l’abandon des harkis. C’était reconnaître la souffrance, la violence et l’injustice vécues par des gens comme mon père". Mais son combat principal demeure la lutte contre les inégalités entre hommes et femmes que ce soit dans l’Hexagone ou à l’étranger.
"Sachez que pendant cette interview, deux femmes vont mourir en Afghanistan car on leur refuse l’accès à un médecin, informe l’ex-politicienne, ce n’est pas une question propre à tel ou tel État, c’est quelque chose de commun à l’ensemble des sociétés occidentales ou orientale". Pour donner du volume à ce qu’elle évoque, Jeannette Bougrab prend pour exemple l’histoire de Malala au Pakistan. (...)
Rappelant que les femmes "sont les premières victimes du radicalisme", elle regrette la difficulté éprouvée à l’heure d’aborder ces sujets. "Cela fait plus de 10 ans que j’en parle, rappelle-t-elle, j’avais rendu un avis sur les droits civiques des femmes immigrées. Parler d’excision, ce n’est pas dénoncer une culture, c’est juste dire qu’il existe des principes non négociables comme l’intégrité du corps humain ou la dignité de la femme".
"Le Printemps arabe a dégradé la situation de la femme"
L’avocate avait demandé à Moubarak de partir quand elle était ministre. Célèbre pour avoir dit que Hosni Moubarak devait partir, elle dénonce le bilan du Printemps arabe qui a, en réalité, "contribué à dégrader la situation de la femme dans les pays concernés. Je suis celle qui avait dit qu’il n’existait pas d’islamisme modéré après les élections législatives en Égypte. Quand on voit la situation des Égyptiennes, aucune amélioration ne peut être constatée". Mais Jeannette Bougrab va plus loin. Selon elle, "les Frères musulmans et Ennahda, en Tunisie, ont volé la révolution au peuple, un mouvement qui était très attaché à la liberté. Et comme il y a des complicités de la part de certaines chancelleries ayant soutenu ces despotes, plus rien ne s’est passé par la suite". (...)
"Les femmes françaises se sont endormies sur leurs lauriers". Féministe, elle n’apprécie que très peu l’image des Femen. Très remontée par une indifférence coupable dans la société, Jeannette Bougrab avoue sa déception à l’égard des femmes françaises qui "se sont un peu endormies sur leurs lauriers en pensant que désormais tout allait bien alors que la situation se dégrade. Il y a toujours 30% d’écart sur les salaires entre les hommes et les femmes, ces dernières subissent toujours le temps partiel sans oublier les violences...Tout reste à faire".