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Libération
Enseignement supérieur : les dépenses consacrées aux femmes inférieures à celles allouées aux hommes
#inégalités_hommes_femmes #stéréotypes de genre
Article mis en ligne le 31 octobre 2022
dernière modification le 30 octobre 2022

Ces inégalités de genre s’expliquent par la faible proportion d’étudiantes dans certaines filières sélectives comme les grandes écoles, IUT ou classes préparatoires, mais aussi leur sous-représentation dans certaines disciplines.

Elles représentent la majorité de la population étudiante (53% des 18-24 ans). Pourtant, les femmes voient les dépenses qui leur sont consacrées dans l’enseignement supérieur inférieures de 18% à celles allouées aux hommes. En moyenne, les hommes de 21 à 24 ans qui sont ou ont été étudiants ont bénéficié d’un montant cumulé de 25 000 euros contre 20 500 euros pour les femmes. Une note de la doctorante en économie Cécile Bonneau, publiée ce jeudi par l’Institut des Politiques publiques (IPP) et s’appuyant principalement sur l’Enquête nationale sur les ressources des jeunes de 2014, étudie les ressorts de ces inégalités. « Ces disparités ne s’expliquent pas par des durées d’études différentes mais par des choix d’orientation différenciés en termes de filières et de spécialités disciplinaires », expose l’IPP dans un communiqué.

Prenant racine dès le plus jeune âge, les stéréotypes de genre infléchissent le parcours scolaire et universitaire des femmes. Elles restent « largement sous-représentées dans certaines filières et disciplines » : moins de 40% des effectifs des grandes écoles, des classes prépas (CPGE), des Instituts universitaires de technologie (IUT) et seulement un cinquième dans les formations universitaires en maths, ingénierie ou informatique. A l’inverse, 89% des inscrits dans les formations paramédicales (infirmière, éducatrice spécialisée, orthophoniste…) sont des femmes et 67 à 72% des effectifs en littérature, arts, langues, sciences sociales et droit sont féminins. Une répartition que la réforme du lycée de 2019 menée par l’ancien ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer risque de continuer à accentuer. (...)

Dans le supérieur, les filières et disciplines largement dominées par les hommes « bénéficient des ressources (taux d’encadrement et volumes horaires notamment) les plus élevées », en d’autres termes sont plus coûteuses, créant ce déséquilibre genré. (...)

Révélatrices d’un système d’enseignement n’ouvrant toujours pas suffisamment le champ des possibles aux filles, ces inégalités de dépenses d’enseignement supérieur pourraient aussi « contribuer à la perpétuation des inégalités entre les femmes et les hommes sur le marché du travail ». (...)